Latitude zéro, 40 000 kilomètres à la rencontre du monde, le film (Mike Horn)
En complément du livre sorti sur l’aventure de Mike Horn dans son tour du monde sans moteur via l’Équateur entre 1999 et 2000, j’ai vu le film « Latitude zéro, 40 000 kilomètres à la rencontre du monde » tourné en très large partie par l’aventurier lui-même équipé d’une caméra portative.
D’une durée d’un peu plus d’une heure, le film prend beaucoup de raccourcis avec le livre et se concentre sur ce qui semble être l’essentiel : le départ de Libreville au Gabon sur un trimaran profilé conçu à l’origine pour la navigation côtière, mais qui va révéler ses excellentes qualités nautiques au travers des 3 océans qu’il va traverser.
En bon Suisse, Horn évoque sobrement son inexpérience de la navigation et ses premières difficultés sur l’Atlantique, avec un stress important qui l’amena à ne pas dormir les quatre premiers jours de peur de perdre le contrôle de son navire.
Rejoint au Brésil par son staff composé d’amis et surtout de sa famille : sa femme Cathy qui gère tout l’aspect logistique et administratif de l’aventure et ses deux filles, Horn fait récupérer son bateau pour le récupérer quelques mois après de l’autre coté du continent sud américain (!).
Le traversée à pied de l’Amazonie est l’un des moments forts de l’aventure mais est très /trop rapidement condensée en quelques jours de marche dans de l’eau boueuse et de descente d'étroites rivières.
Epuisé après quatre mois, Horn évoquera succinctement la pénible progression à la machette dans une végétation étouffante, les insectes qui le dévoraient et une vilaine morsure de serpent qui faillit lui couter une main sinon plus.
De manière identique les problèmes rencontrés dans les zones de guérillas colombiennes ou avec les indiens locaux, sont à peine esquissés pour passer à l’ascension du mont Cayambe et ses 5790 mètres.
Ragaillardi après cette ascension dans le milieu montagnard qu’il maitrise parfaitement, Horn enchaine en ralliant Quito en VTT en donnant une impression de facilité et de plaisir.
La traversée du Pacifique l’amène ensuite jusqu’en Indonésie ou il fait face à une guerre civile entre Chrétiens et Musulmans.
Dans ce contexte tendu et peu accueillant, Horn et son équipe ne s’attardent pas et s’extraient escortés par des militaires pour continuer via l’Océan indien, le plus dangereux selon l’explorateur, avec pour la première fois la sensation de peut-être mourir en mer une fois pris dans un typhon.
Mais l’Afrique, terre d’origine du Sud africain, se révéle sans doute le continent le plus dangereux en raison des guerres notamment en Ouganda et au Congo, avec un emprisonnement et une menace d’exécution, évitée par le courage de l’aventurier et aussi sans doute pas mal de chance.
Heureusement, les splendides beautés naturelles du mont Kenya et du lac Victoria (quasiment une mer intérieure) seront là pour atténuer ce sentiment de malaise sur le sol africain.
De retour au Gabon, le héros hirsute, émacié et bronzé peut ainsi savourer la joie de la réussite et des retrouvailles avec sa famille, maillon essentiel de l’entreprise.
En conclusion, « Latitude zéro, 40 000 kilomètres à la rencontre du monde, le film » a constitué une déception par rapport au livre beaucoup plus riche, foisonnant en aventures diverses et surtout en confidences intimes de l’explorateur.
Ici donc point de tout cela mais un résumé compact traçant plus grossièrement les grandes lignes.
Tout va donc trop vite et le récit y perd de sa saveur, les difficultés humaines, techniques ou naturelles potentiellement mortelles étant rapidement balayées pour passer à l’étape suivante.
Seul point positif : voir l’évolution physique de Horn, homme jeune de 35 ans à l’époque, athlète pétant de santé aux muscles saillants, devenant ensuite un barbu/chevelu aux vêtements sales et à la peau brunie par la vie au grand air et percevoir également l’amour qu’avait pour lui Cathy, la compagne et boussole de son existence…
On peut donc considérer le film de « Latitude zéro » comme un amuse bouche, mais le livre de l’aventure est pour moi beaucoup plus intéressant !


Commentaires
Enregistrer un commentaire