Il était une fois en Amérique (Sergio Léone)

Le cinéma avec le dernier film de Sergio Léone, « Il était une fois en Amérique » adaptation en 1984 d'un roman des années 50  « The hoods » de Harry Grey.

Dans cette fresque monumentale de près de quatre heures, Léone change d’univers en réalisant son film de gangsters.

Le récit complexe, raconte après une introduction choc, sous forme de flash backs dans une fumerie d’opium, la destinée de deux amis truands du quartier juif de Lower east side (New York), David Aaronson dit Noodles (Robert De Niro) et Max Bercovicz dit Maxy (James Woods).

S’étant connus dés l’enfance, Noodles et Maxy vont sympathiser et fonder un gang de cinqs jeunes juifs et ensemble gravir les échelons du banditisme en profitant de la prohibition en vigueur dans les années 20.

Aidés de Patsy (James Hayden), Cockeye (William Forsythe) et Moe (Larry Rapp) les deux hommes vont éliminer leur concurrent direct mais cet affrontement va entrainer l’arrestation de Noodles qui passera une trentaine d’années sous les verrous.

A sa sortie de prison, Maxy devenu un gangster puissant ayant pour couverture une entreprise de pompes funèbres, n’oublie pas son ami devenu un homme et lui présente un puissant parrain nommé Franky (Joe Pesci) pour lequel il travaille.

Noodles accepte mal d’avoir perdu son indépendance et accepte à contre cœur une mission confiée par Franky pour dévaliser pour le compte de son cousin Joe (Burt Young) une bijouterie de Détroit.

Noodles accompli pourtant le larcin avec ses amis et viole l’indic du gangster une dénommée Carol (Tuesday Weld) à la réputation de nymphomane mais découvre après coup que le véritable but de la mission est de tuer Joe sous ordre de Franky lors de la remise des bijoux.

Entre Noodles et Maxy éclatent donc de violentes divergences sur la suite à donner à la carrière de la bande mais Maxy finit par écouter les volontés de son ami pour conserver leur indépendance.

Pourtant cette trêve sera de courte durée et Maxy poussé à bout par l’arrêt de la prohibition se lancera dans des projets toujours plus risqués comme la prise d’assaut d’une banque fédérale ce qui finira par affoler son ami.

Tiraillé par le remord et par l’influence de Carol devenue la petite amie de Maxy, Noodles finira par balancer ses amis aux policiers pour les faire arrêter avant l’exécution de leur plan suicidaire.

En parallèle de cette vie de gangsters de la belle époque, Sergio Léone tisse une longue histoire d’amour entre Noodles et Deborah Gelly (Elisabeth Mc Govern) , la propre sœur de Moe, qui deviendra une danseuse de premier plan et le repoussera toujours en raison de son choix de vie.

Amoureux fou de Deborah, Noodles n’aura pas la force d’échapper à son destin de gangster et éperdu de désir finira par la violer après un long rendez vous romantique montrant finalement la brutalité tapie au fon de son être.

Dans la dernière partie le passé rejoint le présent et Noodles, parvient à échapper à des gangsters dans la fumerie d’opium après la mort présumée de Patsy, Maxy et Cockeye tués par la police,  pour rejoindre Moe détenteur d’une clé permettant d’ouvrir le butin accumulé durant leur carrière.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et Noodles découvre que l’argent n’est plus en place, que Maxy devenu un homme d’affaires influent l’a non seulement trompé mais est devenu l’amant de Deborah.

Malgré sa déception, Noodles est incapable de vengeance et refuse de tuer son ami, qui se sait à terme condamné par ses relations politiques troubles.

Le film se termine donc assez mystérieusement par une disparition et une autre rêverie d’opium.

En conclusion, « Il était une fois en Amérique » contient tous les ingrédients du grand film de gangsters, qui une fois n’est pas coutume, ne sont pas italiens mais juifs.

Sa première partie narrant les débuts, la rencontre puis l’ascension des enfants criminels dans la misère des quartiers défavorisés du début du XX iéme siècle est plutôt fantastique, puis tout s’étire, se mélange, se complique pour devenir difficile à suivre.

S’appuyant sur une structure alambiquée et non linéaire, le film a du mal dans sa dernière partie truffée à mes yeux de rebondissements assez invraisemblables qui dénaturent sa puissance première.

Bien entendu la violence est au rendez vous, mais elle est moins paroxysmique que celle de Coppola ou de Scorcese.

Le film se signale en revanche par son machisme et par les violences faites aux femmes violées par les truands.

Les acteurs sont impeccables, que ce soient Robert de Niro ou James Woods avec cette fortes histoire d’amitié allant au-delà des conflits d’intérêt entre gangsters.

Malgré sa virtuosité technique et la musique toujours prenante d’Enio Morricone (qui utilise un bon vieux gimmick d’harmonica) , « Il était une fois en Amérique » n’égale pas à mes yeux la quintessence sublime des « Parrains ».

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