Saint François d'Assise (Virgil Tanase)
En 2015, l'écrivain, dramaturge et philosophe d'origine roumaine Virgil Tanase sort la
biographie de « Saint François d'Assise ».
La difficulté de raconter la vie d'un
homme puis d'un saint, avec des sources aussi anciennes et éparses
que celles du Moyen-Age (de 1181 jusqu'à 1226) montre rapidement la
difficulté de la tache à laquelle s'est attelé Tanase.
On apprend que Giovanni di Pietro
Bernardone, est né dans la ville d'Assise (Italie), fils d'un
commerçant ayant fait fortune dans la draperie.
Jeune, il mène une vie faite de
plaisirs et d’oisiveté, fréquentant la bourgeoisie dorée de sa
commune avant que ne vienne en lui des désirs plus profonds et
radicaux.
Comprenant que les honneurs d'une
carrière militaire ne sont pas faits pour lui après avoir connu la défaite, la captivité et une grave maladie, Giovanni en vient à s’intéresser
à la spiritualité et montre un goût de plus en plus marqué pour
les longues retraites.
En lisant des passages des Évangiles,
il a la révélation qu'il consacrera sa vie à porter la parole de
Dieu.
Mais sa foi se caractérise par une
application pratiques de principes moraux austères plutot que de
longues et sophistiquées études théologiques.
Giovanni vend tous ses biens, fait vœu
de pauvreté et puise dans ce dénuement la force d'un exemple de
vertu en se portant au chevet des lépreux avec qui il partage les
repas mais aussi des curés de campagne à qui il retape les églises
en s'improvisant maçon.
Souvent chassé et moqué, Giovanni
accomplit des miracles spectaculaires et finit par faire des émules et d'autres
hommes le rejoignent, menant la même vie d'itinérance et de
mendicité.
Sa notoriété finit par lui attirer la
protection de prélats comme le cardinal Hugolin d'Ostie, puis à arriver aux oreille du pape Innocent III, qui
le reçoit à Rome et accorde sa légitimité à l'Ordre des Frères
mineurs qu'il fonde.
L'exaltation de François fonctionne
très bien dans le Sud de la France mais le place dans une situation
plus périlleuse lorsqu'il se rend en Égypte, en plein milieu d'une
guerre de Croisade, pour tenter de convertir le sultan turc Al-Kemel à la
foi chrétienne.
Même si il revient par chance avec la
vie sauve, François est écœuré par la violence des Croisés et
sera à l'avenir plus prudent lorsqu’il s'agit d'envoyer des
émissaires en terre musulmane.
Affaibli et malade par ses voyages
incessants et la vie « à la dure » qu'il mène, François
doit revenir en Italie pour redresser certains de ses disciples qui
ont dévié de la Règle, qui régit le fonctionnement de l'Ordre.
La Règle sera remaniée par Innocent
III puis légitimisée sans en perdre les fondements vertueux, radicaux
et austères.
Après cet ultime succès, François
perclus de douleurs au ventre et pratiquement aveugle, se retire dans la grotte à Greccio ou Jésus lui apparaît sous la forme d'un ange.
Peu après de douloureuses tentatives de traitement médicaux, il décède dans l'église de Portioncule qui lui a apporté la révélation avec ses fidèles disciples autour
de lui.
L'Histoire fera le reste.
En conclusion, lire « Saint
François d'Assise » c'est comprendre les mécanismes à
contre-courant qui pousse un homme exalté et habité par une foi
supérieure à renoncer à une vie de plaisirs faciles, pour se
ranger du coté des faibles, des malades et des nécessiteux.
Ce renoncement loin des intrigues
politiques et de la corruption des élites du Vatican, s'inscrit dans
une pratique fondamentaliste de la religion chrétienne qui fait
également penser aux actes extrêmes des Cyniques ou des Stoïciens
grecs.
Mais plus qu'un infatigable prêcheur,
Saint François apparaît également comme un homme ambitieux,
n'hésitant pas à influencer le haut clergé pour obtenir légitimité
et pouvoir au sein de l’Église catholique.
Cette biographie emplie du merveilleux
des miracles, demeure une curiosité édifiante au sein de notre
époque matérialiste et futile.

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