Le bon, la brute et le truand (Sergio Léone)
Clint Eastwood ne peut bien entendu pas être réduit aux films faciles de bagarres de camionneurs et de militaires pro US qu’il tourna dans les années 80, mais atteignit pour moi sa plénitude d’acteur dans les western spaghetti qui le révélèrent dans les années 60.Sorti en 1966, « Le bon, la brute et le truand » de Sergio Léone est le troisième de la trilogie et assurément le plus célèbre d’entre eux.
L’histoire se déroule dans l’Ouest profond en plein milieu de la Guerre de Sécession.
Sentenza (Lee Van Cleef) est un tueur professionnel qui avant de tuer un paysan mexicain, apprend qu’il a reçu la visite d’un soldat appelé Bill Carson, qui aurait détourné 200 000 dollars d’argent militaire et caché le magot dans un endroit sur.
Consciencieux et cruel, Sentenza accomplit sa basse besogne mais tue également le commanditaire du meurtre au motif cynique que la victime lui avait donné une somme d’argent pour le retourner.
Appâté par une telle somme d’argent, Sentenza se met alors en quête de ce fameux Carson.
Dans le même temps, une association de petit escrocs, Tuco (Eli Wallach) roublard, dur et vulgaire et Blondin (Clint Eastwood) qui l’arrête régulièrement pour toucher la prime de sa capture puis le faire évader au moment de l’exécution, se déchire pour une histoire de partage d’argent.
Laissé pour une longue marche dans le désert par son associé, Tuco survit, s’arme férocement et aidé de trois comparses hispaniques, retrouve puis capture Blondin.
Le vengeance de Tuco est terrible et Blondin se retrouve tête nue et sans eau dans le désert, avec son associé qui le nargue ostensiblement.
Epuisé, déshydraté, le visage brulé par la morsure du soleil, Blondin agonise dans le sable lorsqu’une diligence passe avec à son bord des soldats sudistes morts.
L’un d’entre eux, encore en vie, un certain Bill Carson (Antonio Casale) parle à Tuco de son trésor caché dans le cimetière de Silent Hill pour obtenir un peu d’eau.
Tuco est très excité par ces révélations mais c’est finalement Blondeau, lui-même encore agonisant qui recueille les derniers mots de Carson, notamment le nom de la tombe sous laquelle est enfoui le trésor.
Pris au piège, Tuco est alors obligé de ranimer Blondeau qui joue habilement de son secret pour être épargné.
Se mettant en chemin après avoir volé les uniformes des confédérés, le duo recomposé est capturé par une patrouille nordiste.
Faits prisonniers de guerre au Texas, ils échouent dans un camp ou sévit Sentenza promu sergent.
Egal à lui-même en fourberie et cruauté, Sentenza a pris l’ascendant sur Harper (Antonio Molino Rojo), le capitaine du camp, malade de gangrène et fait régner un régime de terreur en torturant et volant les prisonniers.
Il détecte sans peine Tuco maladroitement caché sous le pseudonyme de Carson, et le fait torturer abondamment par le caporal Wallace (Mario Braga) homme de main à la force colossale.
Atrocement battu tandis qu‘un orchestre joue sous la contrainte pour étouffer les cris, Tuco finit par avouer pour le cimetière mais la présence de Blondeau, détenteur de l’autre partie du secret, met fin à son calvaire.
Il est laissé à la garde de Wallace pour être transféré par train tandis que Blondeau épargné, fait équipe avec Sentenza qui lui promet un partage équitable.
Trop malin pour être dupe, Blondeau détecte les quatre acolytes de Sentenza et fait mine d’accepter leur présence.
De son coté, le rusé Tuco parvient à s’évader de son train et tue à coup de pierre la brute Wallace qui l’avait tellement fait souffrir.
Parvenu tout prêt de la zone d’affrontement Nord-Sud, le gang de Sentenza est obligé de faire une halte dans une petite ville en ruine en raison des intenses mouvements de troupe.
Tuco en profite pour les rejoindre et se voit à se grande surprise proposer une nouvelle association avec Blondeau qui n’a guère confiance en Sentenza.
Ensemble, le duo de fines gâchettes liquide tous les acolyte de Sentenza mais ce dernier parvient à s’enfuir.
Mais Tuco et Blondeau échouent une nouvelle fois dans les lignes nordiste alors en plein combat pour prendre un pont jugé stratégique pour les deux camps.
Le capitaine du camp (Aldo Giuffre), alcoolique et désabusé par l’horreur et l’absurdité de ce combat, accepte d’enrôler les deux pistoleros, qui bloqués dans leur avance par ce duel stérile entre les soldats, décident de faire sauter le pont.
Ils y parviennent après une canonnade d’une violence inouïe qui coute la vie au capitaine, heureux néanmoins de voir le pont maudit détruit.
Pensant connaitre à présent le nom de la tombe ou se situe le magot, Tuco se rue au cimetière de Sad Hill mais découvre des milliers de tombes …
Il finit par trouver celle ou Blondeau lui a dit que se trouvait l’argent et creuse de toutes ses forces.
Non seulement il ne trouve rien mais est surpris par Blondeau, lui-même surpris par Sentenza.
Sous la menace de l’homme en noir, Blondeau révèle que la tombe indiquée n’est pas la bonne.
Les trois hommes conviennent alors d’un duel au centre du cimetière pour que le gagnant prenne une pierre ou a été gravé le nom de la tombe.
Après une attente interminable, la fusillade a lieu et Blondeau tue Sentenza.
Désarmé, Tuco doit creuser pour Blondeau sous une tombe sans nom et lui permet de trouver l’or.
Blondeau charge alors la moitié de la somme et oblige Tuco a tenir en équilibre sur une croix la corde au cou, tandis que git à ses pieds le reste de l’argent.
Après un volte face, Blondeau sectionne la corde de Tuco qui l’accable en retour d’insultes …
En conclusion, « Le bon, la brute et le truand » est sans nul doute le meilleur western de tous les temps, un chef d’œuvre intemporel, rendu inoubliable par la qualité exceptionnelle des acteurs, Eastwood puissant et intelligent, Wallach plus médiocre, comique mais teigneux et Van Cleef, parfait dans son personnage incarnant le mal absolu, tuant et torturant sans aucune pitié.
Au-delà du jeu d’acteur on appréciera (malgré une longueur excessive) le scénario alambiqué et riche en rebondissements du film, ainsi que la splendeur des grands espaces … espagnols !
Pour couronner le tout vient la musique d’Enio Morricone, avec ce gimmick entêtant imitant le chant du coyote mais aussi de fabuleuses montées de fièvres (guitare/harmonica/sifflements) responsables pour moi de 50% des moments les plus intenses et magiques du film notamment la mythique scène du duel final dans le cimetière.
On aimera donc à jamais « Le bon, la brute et le truand » en raison de son esthétique flamboyante, de sa morale cynique, de sa violence, de son intelligence mais aussi de son humour qui culminent dans un magma volcanique de créativité jamais égalée depuis !

Commentaires
Enregistrer un commentaire