Bugs (Gérard Delteil)

En 1999, à l’approche du fameux bug de l’an 2000, le prolifique Gérard Delteil diffuse « Bugs » un recueil de nouvelles dédiées au monde de l’informatique.
Dans les premières d’entre elles, on suit la prise en otage d’un patron de PME par une entreprise criminelle américaine ayant « hacké » tous les ordinateurs de son entreprise après avoir fait installé un logiciel censé booster leurs performances, puis la mort glauque d’un bibliothécaire obligé de pallier aux dysfonctionnements d’un nouveau système en présence du président de la République en personne.
Puis dans un registre plus léger, vient une méprise dans une grande entreprise, ayant conduit des employés et syndicalistes à s’inquiéter d’un éventuel plan de licenciement alors que le mail intercepté utilisait un simple code pour arranger un rendez vous galant entre un cadre et sa secrétaire.
Plus sordide, le suicide d’un homme accusé de pédophilie à la suite d’une erreur de manipulation de son disque dur par la justice, plus vicieuse la prise en otage d’une famille dont la console de jeux installée gratuitement se révèle un piège inextricable.
Outre le thème classique de la désintoxication d’un adolescent accro aux jeux vidéos, on trouve celui plus futuriste et vicieux du contrôle total des centres commerciaux par un système capable d’injecter arbitrairement des décharges électriques aux clients suspects, celui de l’obligation aléatoire pour la population d’effectuer des taches manuelles dites pénibles…
Plus d’ampleur dans le vaste projet de contrôle mondial de Satan via une plateforme Internet, piratée in extremis par un sursaut du PDG de l’entreprise sous-traitante contactée, ou dans le délire de contrôle total de Bill Gates envoyé au paradis payant cher son tempérament commercialement agressif.
On termine sur une ambiance polar, dans laquelle un commerçant escroqué par un homme d’affaires véreux, décide de le supprimer en provoquant une crise cardiaque après avoir hacké son ordinateur, et même si le coupable finit par être confondu, il en profite pour débuter par ses contacts en prison, une prometteuse carrière de criminel.
En conclusion, « Bugs » apparait comme un ouvrage inégal et aujourd’hui quelque peu dépassé tant après pratiquement 20 ans, les technologies informatiques ont progressé et littéralement vampirisé notre quotidien.
Bien sur, on  y trouve quelques jolies petites trouvailles mariant crime et techno mais globalement rien de bien renversant et visionnaire.
Manquant de génie et assez quelconque sur la forme, « Bugs » n’est pas à ranger dans les grands classiques de la SF ou du cyber-polar.

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