Immunité et autres mirages futurs (Philipp K Dick)

Sorti en 2005, « Immunité et autres mirages futurs » est un recueil de nouvelles de Science-fiction des années 50 du prolifique auteur Philip K Dick.
La première d’entre elles, « Le crane » montre un tueur nommé Conger envoyé dans le passé pour éliminer l’homme qui deviendra le Fondateur, un messie influent venant bouleverser le cours de l’Humanité pour plus de paix et d’équité.
Mais armé d’un fusil Slem pour traquer sa cible, Conger finit par s’apercevoir que c’est lui qui doit être éliminé, malheureusement il ne peut s’empêcher de lancer une phrase qui fera date à la foule hostile qui le cerne dans une petite bourgade du Middle-west.
Dans « Le grand O », Walter Kent un émissaire d’une tribu vivant dans les souterrains après une catastrophe nucléaire, part poser trois questions à une machine nommée « Le grand O ».
Omnisciente, la machine qui est le dernier vestige d’une Humanité déchue, répond aisément aux questions et dévore le jeune homme, continuant ainsi à assoir sa supériorité sur les derniers survivants de la race humaine.
« James P Crow » décrit un futur dans lequel les robots sont devenus la classe dominante et les humains travaillent à leur service.
Un seul homme, James P Crow profite d’une des rares possibilités d’ascension qu’offre cette société inégalitaire pour gravir par concours tous les échelons et se retrouver à siéger au Conseil Suprême, la plus haute instance politique.
Mais Crow qui avoue tricher aux examens en utilisant une machine à voyager le temps, force les vieux robots à adopter une loi les amenant à laisser la Terre aux humains pour s’exiler vers d’autres mondes lointains.
Robots toujours dans « Service après achat » qui montre l’intrusion massive d’un robot arcad dans un foyer domestique américain, ce qui force Ed Morris à s’envoler en catastrophe vers une autre planète lointaine pour s’en débarrasser par des moyens radicaux en prenant le risque d’exploser en vol.
Plus mystique, « Le tour de roue » relate l’expédition de Chai, un homme occupant un rang supérieur dans une société futuriste, vers les survivants humains appelés Caucs hommes primitifs suspectés de monter une secte révolutionnaire.
La morgue de Chai et ses hauts principes bouddhistes ne lui sont d’aucuns secours face aux Caucs et il finit converti par force à leur cause.
Dans « Reconstitution historique », Georges Miller un historien vivant dans une société futuriste décide de retourner vivre dans le passé des années 50 qu’il idéalise au mépris de son écrasante hiérarchie bureaucratique qui le prend pour un fou…pour s’apercevoir qu’il arrive à l’orée d’une guerre nucléaire avec l’URSS.
Dans une nouvelle variation, « Immunité » décrit un monde dans lequel des mutants télépathes voulant prendre le pouvoir sont contrés par un réseau de résistant ayant mis au point des systèmes permettant de dissimuler leurs pensées.
Leur leader Cutter laisse un des télépathes infiltrer son cerveau pour répandre à ses collègues l’idée que leur existence est condamnée du fait de leur incapacité pathologique à se reproduire.
« Là où il y a de l’hygiène » relate une guerre entre deux courants opposés les Naturalistes et les Puristes, ces derniers s’arrangeant pour prendre le pouvoir et imposer des mesures de propreté drastiques visant à supprimer mauvaises odeurs, dents et cheveux mal entretenus.
Dans « Expédition en surface » Edward Boynton participe à un raid contre des homo-sapiens vivant primitivement en surface après un holocauste nucléaire.
Enfin, « Consultation externe » montre une poignée de mutants télépathes rassemblé en une Guilde prendre part au sens de l’Histoire afin d’éviter une guerre nucléaire et « Au service du maitre » un homme appelé Applequist se fait abuser par le dernier androïde non détruit après une guerre hommes contre robots et le remet en service.
En conclusion, la plupart des nouvelles de « Immunité et autres mirages futurs » met en évidence le talent exceptionnel de Dick dans l’imagination de mondes futuristes tournant autour des angoisses de son époque : la guerre nucléaire, la prise de contrôle par des robots ou des mutants ayant supplanté l’homme et à un degré moindre l’imposition de normes religieuses ou sociales extrémistes.
L’imagination de l’auteur explose, charme, fascine et devient elle-même un puissant stimulant pour l’esprit du lecteur.
On frise donc le sans-faute avec ses courtes nouvelles habiles au dénouement souvent sombre pour l’Humanité.
Pessimisme ou réalisme ? Difficile de trancher mais il parait évident que progrès technologique ne rime pas forcément avec progrès du sens moral…

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