L'élégance du hérisson (Muriel Barbery)
« L'élégance du hérisson »
de Muriel Barbery est l'un des grands succès littéraires de l'année
2007.
Dans le Paris chic de boulevard
Grenelle, on y suit les destins croisées de deux âmes en détresse :
Renée Michel, concierge de cinquante-quatre ans qui cache son
érudition d’autodidacte derrière le façade de la concierge revêche type et Paloma Josse, une adolescente de douze ans, qui
persuadée que la vie n'a aucun sens a décidé de se suicider au
mois de juin.
Alors que la vie de Renée tourne
autour des locataires de l'immeuble, pour l'essentiel des grands
bourgeois qui au mieux l'ignorent, au pire la méprisent, Paloma
couche chaque jour sur le papier ses « pensées profondes »
et crache son dégout de petite fille riche trop mature pour son age.
Au fil des pages, on découvre que
Renée desservie par son physique toujours disgracieux n'a jamais
connu l'amour et s'est réfugiée dans l’absorption de connaissances
dans le domaine de la philosophie, la littérature surtout russe, la
peinture flamande, la musique classique et le cinéma d'art et
d'essai.
Les seuls contacts venant réchauffer
son âme esseulée sont ses animaux et Manuela, une amie concierge
portugaise.
L'arrivée de Kakuro Ozu, un nouvel
occupant japonais est une mini-révolution dans l'immeuble.
Élégant, subtil, mur et veuf comme
Renée, Ozu s’intéresse à elle en comprenant qu'elle n'est pas ce
que les apparences laissent à supposer.
Ozu séduit aussi Paloma qui est férue
de culture japonaise, les mangas en particulier.
C'est par l'intermédiaire de cet homme
sage et raffiné que la rencontre entre Renée et Paloma se fait.
Les deux femmes que tout oppose
socialement se retrouvent et se comprennent, Paloma trouvant du
réconfort auprès de Renée.
Mais alors que Renée, tombé amoureuse
de Ozu, se reprend à rêver d'un futur, une voiture vient la faucher
en pleine rue et la tue.
La mort de Renée est un électrochoc
pour Paloma qui en tire comme principal enseignement le renoncement à
se tuer et la recherche de la beauté artistique dans toutes les
choses.
En conclusion, je ne suis peut-être pas
fait pour les « succès des libraires » car je n'ai pas
aimé « L'élégance du hérisson ».
Même si l'idée de base de montrer
l'identité cachée d'une vieille concierge parisienne est intéressante, le style du roman m'a franchement rebuté.
Paloma aussi bien que Renée, portent
un effet un regard bien cynique et désabusé sur leurs contemporains
que rien ou presque ne peut racheter.
Leur refuge dans la recherche de l'Art
est d'un snobisme incroyable, avec des gouts élitistes exaspérants
jusque dans le maniérisme de la cuisine.
Peu sympathique et chaleureux, ce roman
froid, intellectuel et désabusé a plutot été une longue et
pénible traversée dans les steppes arides de la phénoménologie,
des natures mortes et de l'art de préparer le thé japonais.

Commentaires
Enregistrer un commentaire