Guerilla, tome 1, le jour où tout s'embrasa (Laurent Obertone)
Sorti en 2016, « Guerilla, tome 1, le jour où tout s'embrasa » est un roman d'anticipation controversé de Laurent Obertone.
L'histoire raconte en effet ni plus ni moins que le basculement de la France dans le chaos suite au meurtre d'un jeune de la Courneuve par un policer dont la vie était menacée.
Rapidement, les cités de France s'embrasent et des hordes de voyous décident de déferler sur les villes pour piller/violer/tuer tout ce qui représente les institutions.
Il apparaît que les autorités sont dépassées par la soudaineté des évènements.
Mais c'est surtout la lâcheté et l'aveuglement de la société tout entière des « bobos blancs » que fustige Obertone, car enfermée dans son sentiment de culpabilité post colonialistes et son obsession d'un « vivre ensemble » vain.
Le président Jacques Chalarose incarne à lui seul cet état de fait et le paye très cher en tombant dans un guet append mortel alors qu'il voulait faire un coup de communication en dialoguant avec les « jeunes » de la Courneuve.
Sous le matraquage des journalistes qui s'obstinent à nier la réalité et à inverser les rôles agresseurs-victimes en accusant l'Etat policier d'opprimer des pauvres jeunes victimes de racisme, les policiers sont muselés et condamnés à subir.
Obertone déplace vicieusement ses pions et règle ses comptes : Zoé la bloggeuse idéaliste des beaux quartiers parisiens et son ami Norah militant antifacistes se retrouvent pris dans le piège de la Courneuve, le second se faisant massacrer docilement par ceux qu'il prend à tort pour ses « frères » et la première finissant percutée par un scooter en fuite après avoir été violée et mise sous la coupe d'un émir des quartiers.
Mais alors que les terroristes islamistes profitent de l'occasion pour passer à l'acte sous la forme d'un massacre dans un village, d'un Airbus A380 abattu à coup de missile ou tout simplement à l'aide d'un simple couteau, certains comme Vincent Gite prennent le parti de se révolter et de prendre les armes pour lutter.
Le périple meurtrier de Gite, impitoyable tueur d’extrême droite passe par l'élimination vicieuse de journalistes médiatiques se sentant à l'abri puis par une action plus ciblée contre les gouvernants avec au passage l'élimination du tueur d'Airbus.
Marseille comme Paris est la proie des flammes, une partie de l'Armée issue de l'émigration étant entrée en rébellion.
Sans électricité, le monde s’arrête et les survivants à cette guerre civile se retranchent dans les quelques fragiles ilots de survie qu'ils ont pu trouver comme Alice et Cédric, rare couple à trouver une brèche dans ce chaos mortel pour sauver leur bébé ou bien le grand-père de Vincent, un colonel à la retraite qui sauve une enfant métisse laissée pour morte noyée ce qui lui donne une raison de ne pas se laisser mourir.
Autre miraculé, un comptable ayant échappé à un lynchage par des syndicalistes puis à un sanglant règlement de comptes entre migrants et villageois.
En conclusion, « Guerilla, tome 1, le jour ou tout s'embrasa » est un cauchemar éveillé de près de 400 pages.
Très caricatural et ancré à l’extrême droite sur son fond, il projette les peurs enfouies des « petits blancs » de se voir ensevelis par les fils d'immigrés représentant les voyous des cités.
Obertone ne fait donc pas dans la dentelle et se venge cruellement de toute la société bien pensante, de gauche, idéaliste, humaniste ou anarchiste qu'il fait périr sous les coups de barbares déshumanisés.
Pour lui seuls les forts ou les plus haineux vont survivre, avec en première ligne une fascination pour les militaires et à un degré moindre les policiers.
Le cible d'Obertone donc : les politiciens et les journalistes qui représentent pour lui les responsables de cette déliquescence sociétale occidentale.
Difficile d'adhérer donc sur le fond à ce roman apocalypse nourri de fantasmes mais reste le style particulièrement dur, concis et efficace qui fait qu'il est difficile de le lâcher malgré son sadisme et son horreur outrancière.
Embarquer pour un tome 2 ? Pas sûr...

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