Les maitres du temps (René Laloux)

Paru en 1982, « Les maitres du temps » est un vieux film d’animation de Science fiction, réalisé par René Laloux d’après un roman de Stefan Wul « L’orphelin de Perdide ».

« Les maitres du temps » commence par le naufrage d’un buggy spatial sur une planète appelée Perdide.

Avant de mourir, le conducteur du vaisseau délivre à son fils Piel (Frédérick Legros) alors enfant : Mike une balise ovoïde lui permettant de communiquer vocalement avec un vaisseau spatial à l’intérieur duquel se trouve son ami le capitaine Jaffar (Jean Valmont).

Jaffar transporte en réalité le Prince Matton (Yves Marie Maurin) et sa compagne Belle (Monique Thierry) en fuite de sa propre planète après avoir dérobé un important trésor.

Poursuivi par une force de police intergalactique, le Prince est en réalité en cavale et cherche à atteindre une planète nommé Aldébaran qui le mettra hors de portée de ses poursuivants.

Masculin et protecteur, Jaffar communique avec Piel à travers la balise pour le guider dans sa progression sur le monde de Perdide, planète sauvage pouvant se révéler dangereuse pour un petit garçon esseulé.

Jaffar fait une halte en chemin sur une planète aquatique pour retrouver son ami Silbad (Michel Elias) un vieux navigateur bourru et sympathique, dont les connaissances sont utiles pour orienter Piel pour se nourrir et s’hydrater en utilisant au mieux les ressources végétales de Perdide.

Au cours de cette halte, le vaisseau de Jaffar embarque deux petits êtres volants infantiles nés d’une plante : Jad (Ludovic Baugin) et Yula (Pierre Tourneur) dont les capacités télépathiques s’avéreront précieuses et dont l'absolue connaissance de la notion de richesse, conduira à jetter le trésor du prince dans l'espace.

Aidé de Silbad, Jaffar a pour but de se rendre sur Perdide pour récupérer Piel, ce qui contrarie les plans de fuite de Matton.

Le prince fourbe tente ainsi de se débarrasser de Piel en l’orientant pour se noyer dans un lac, mais le garçon est sauvé in extremis par Belle et Jaffar.

Brutalement rappelé à l'ordre, le prince s'enfuit en capsule sur une planète intermédiaire mais est rapidement pris en chasse par Jaffar suivi par Jad et Yula.

Au cours de la poursuite, Jaffar et Matton sont capturés par des étranges hommes sans visage dotés d’ailes d’anges.

Ces hommes sont en réalité des voyageurs spatiaux dont l’âme a été absorbée par une créature monstrueuse appelée la conscience collective et informe, qui les a ensuite asservis.

Aidé par Jad et Yula, Jaffar comprend qu’il doit nier de toutes ses forces mentales le processus d’annihilation télépathiques auquel il va être soumis mais c’est finalement Matton qui pour racheter son âme, se jette sur la créature et réussit sa destruction en usant de toutes les ressources de son esprit.

Matton et la conscience collectives sont tués dans la lutte, les anges sont libérés de leurs chaines mentales et reprennent leur apparence hétérogène de voyageurs de l’espace.

Ils sont tous embarqués sur le vaisseau de Jaffar qui est arraisonné par une patrouille policière à la recherche du prince.

Jaffar utilise les capacités d’un voyageur métamorphe pour faire croire aux soldats qu’il a récupéré le trésor de Matton et que les voyageurs sont ses prisonniers.

Les policiers ne se doutent de rien et embarquent ce qu’ils croient être une prise facile, alors que en réalité, les voyageurs sont déterminés à prendre le contrôle de leur vaisseau pour rentrer chez eux.

Une fois doublement débarrassé de ces encombrants poursuivants et passagers, Jaffar peut ensuite se concentrer sur l’opération de sauvetage de Piel, mais comprend que la communication a été rompue car ce dernier a perdu Mike dans une caverne remplie de lianes tueuses.

La situation devient alors des plus urgentes, d’autant plus que Piel livré à lui-même après la mort de son ami quadrupède Ouin-ouin et la perte de Mike, est attaqué par les frelons géants dévoreurs d’esprits.

Le vaisseau de Jaffar est alors capté par une station orbitale dont les dirigeants explique aux voyageurs que des conquérants d'une race mystérieuse appelés les maitres du tempscours du temps ont fait revenir Perdide 60 ans en arrière.

On comprend alors que Silbad mourant était en réalité  Piel enfant secouru des frelons par des astronautes avant de se développer pour devenir un navigateur chevronné.

En conclusion, « Les maitres du temps » est une œuvre extrêmement singulière, doté d’un scénario riche, complexe et d’une atmosphère étrange, parfois franchement angoissante, qui pourra déstabiliser un jeune public.

Les fanas de SF ne pourront que gouter ce scénario fouillée et la richesse de la faune évoquée, avec une grande variété de créatures étranges et souvent dangereuse.

Moebius prête tout son talent de dessinateur pour le graphisme somptueux (pour l’époque) permettant de donner vie à ce monde foisonnant.

J’ai ainsi tout particulièrement apprécié les personnages de télépathes, comme les gracieux Jad et Yula, parfaits miroirs extérieurs de nos pensées les moins avouables ou les terribles hommes-oiseaux, aussi élégant qu’inquiétants par leur terrible uniformité.

Le reproche principal que je ferais au film est son rythme lent et un certain manque de punch, pour le reste tout ce délire télépathico-futuriste réalisé par des pointures françaises du genre, ne peut  être considéré qu’avec le plus grand respect.

A voir (ou revoir) donc pour tous les mordus de SF.

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