Solaris (David Soderbergh)

On bascule dans un tout autre genre avec « Solaris » film de David Soderbergh sorti en 2002.

L’histoire de « Solaris » est connue de tous les amateurs de Science fiction, qui ont soit lu le roman de Stanislas Lem en 1966 soit vu le film d’Andrei Tarkovski en 1972.

« Solaris » est donc un remake qui voit Chris Kelvin (George Clooney) un psychologue forcé de se rendre sur une station spatiale scientifique ou ses occupants, chargés d’observer une planète appelé Solaris, sont victime d’intenses crises de dépression.

A partir de cette trame classique mais toujours excitante, Kelvin se rend seul sur la station pour découvrir que la plupart des occupants dont son ami le scientifique Gibarian (Ulrich Tukur) sont morts par suicide.

Les derniers occupants sont un jeune chercheur appelé Snow (Jeremy Davies) aux propos incohérents et une femme scientifique appelée Gordon (Viola Davis) qui bien que calfeutrée dans une pièce étanche, fait preuve de plus de lucidité.

Gordon donne des informations précieuses à Kelvin et lui révèle que la planète Solaris contient d’étrange émanations énergétiques capables d’inter agir sur les humains pour les rendre progressivement fous.

Kelvin ne tarde pas à éprouver les premiers effets de Solaris lorsque lors de sa première nuit à bord, il revoit sa femme Rheya (Natascha Mc Elhone) pourtant laissée sur Terre.

Le film se met alors à fortement dévier pour plonger dans le passé de Kelvin qui ré-explore à rebours son histoire avec sa femme en commençant par leur rencontre.

Intelligente, créative et sensible, Rheya ne tarde pas à séduire Chris et à l’épouser mais ce bonheur en apparence idyllique finit par se fissurer lorsque la jeune femme alors enceinte, avorte ce qui provoque une réaction de rejet de son mari.

Soderbergh alterne les séquences de flash back sur Terre avec celles bien présentes dans la station orbitale, ou Chris dialogue calmement avec une représentation de sa femme crée par Solaris.

Peu à peu, la vérité se dessine et on comprend que à la suite de leur rupture, Rheya s’est suicidée, provoquant une douleur infinie auprès de Chris.

A bord, par un étrange phénomène de similitude, Rheya tente également de se suicider, sans succès.

Puis Gordon qui désire détruire les créatures par des bombardements d’ions positifs apprend par Snow, également une créature de Solaris, que les réserves d’énergie de la station sont tellement entamées qu’un retour sur Terre est à présent impossible.

Gordon et Kelvin n’ont d’autre choix que de rentrer sur Terre à l’aide du vaisseau ayant amené Kelvin sur la station mais au moment d’embarquer le psychologue renonce, habité par la délicieuse présence de Rheya qui lui donne envie de revivre son passé.

Il peut ainsi surmonter son deuil et vivre dans le sentiment de rattraper les erreurs du passé …

En conclusion, « Solaris » traite par le biais de la Science fiction un sujet inattendu car profondément profond et intime.

Les phénomènes surnaturels ne sont servent ici que de prétexte pour explorer le psychisme meurtri d’un homme et  a finalement le guérir dans une belle tentative d’utopisme thérapeutique.

Malgré le fond remarquable du roman de Lem, la réalisation de Soderbergh gâche en réalité tout le plaisir en raison d’une ambiance cafardeuse et d’un incroyable manque de rythme.

Mis à part quelques jolis et timide effets spéciaux, la plus grande partie de l’histoire se déroule en effet sur Terre dans un cadre sinistre et déprimant au possible.

Film lent et introspectif desservi par des acteurs anesthésiés dans leur monde orbital, « Solaris » ne parvient que fugacement à intéresser à son propos qui s’avère pourtant sous de multiples aspects touchant.

Ce film donc semi raté donne donc en réalité plus envie de lire le livre dont il est issu.

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