Le syndrome Copernic (Herni Loevenbruck)
Envie de délaisser temporairement la littérature classique (et philosophique) pour basculer dans une littérature plus contemporaine, celle de Henri Loevenbruck, auteur en 2007 de « Le syndrome de Copernic ».Ce copieux roman commence de manière forte par un attentat visant une tour du quartier d’affaires de la Défense à Pais.
Vigo Ravel, un malade atteint de schizophrénie étant sur le point de se rendre au cabinet médical de la tour fauchée par l’explosion, échappe miraculeusement à la mort en obéissant à des voix dans sa tête qui lui intiment l’ordre de quitter au plus vite les lieux.
Blessé superficiellement et choqué, il s’enfuit et rentre au domicile de ses Parents dans le 17 ième arrondissement de Paris.
En regardant les informations, il réalise que comme pour le 11 Septembre 2001, il y a des milliers de morts et qu’il est le seul survivant du drame.
Il comprend également que l’attentat visait la SEAM, entreprise d’armement dont l’état est l’actionnaire principal.
Vigo décide alors de retourner sur place et après quelques efforts, se voit dire que le cabinet médical ou il se rendait habituellement n’existe pas.
Pire encore, il est pris en chasse par deux hommes et ne leur échappe que d’extrême justesse en se cachant dans une vieille carrière parisienne enfouie sous le métro.
Paniqué et stressé, Vigo comprend qu’il est en danger lorsque l’appartement de ses parents est mis sens dessus dessous par les même gros bras qui l’ont agressé.
Il fuit et se réfugie dans un hôtel et prend la décision courageuse de ne plus prendre ses médicaments.
Au cours d’un rendez vous chez une psychologue, il tombe sous le charme d’une patiente d’origine maghrébine appelée Agnès.
Bien que mariée et réticente à fréquenter un schizophrène, Agnès policière de métier, accepte finalement de côtoyer Vigo avec qui une relation amicale se noue peu à peu.
Vigo reçoit également à son hôtel un mystérieux mot d’une homme se faisant appeler Sphinx, qui lui dit qu’il n’est pas malade et que la solution à ses problèmes se trouve du coté du protocole 88.
Mais les choses s’aggravent encore davantage lorsque Vigo s’aperçoit que son employeur, de Télème, plutôt bienveillant avec lui jusqu’alors, tente de le faire arrêter par les mêmes gorilles de la Défense dans un bar de blues situé sur l’ile de la Jatte.
Acculé, Vigo se découvre des réflexes insoupçonnés et dérobe la Porsche 911 de son patron qu’il conduit avec une maestria déconcertante alors qu’il pensait ne pas posséder de permis de conduire.
Il comprend alors qu’il a été trahi et qu’il ne peut faire confiance à personne de son entourage habituel.
Il se réfugie chez boulevard de Batignolles chez Agnès, qui lui révèle qu’elle s’est séparée de son mari.
Agnès accepte d’aider son ami et de mettre ses relation de policière à contribution pour faire des recherches.
Les révélations qu’elle lui présente, l’assomment : ses parents n’ont pas d’existence, leur appartement a été loué par une société d’import export offshore douteuse appelé Dermod et pire ses papiers d’identité sont également faux.
Ce sentiment angoissant est accentué lorsque la société de de Télème est rapidement déménagée et que sa carte bancaire est désactivée.
Vigo qui attribue à la maladie ses troubles de la mémoire, se met alors sérieusement à douter de sa schizophrénie et décide de découvrir qui il est réellement.
Des messages postés sur Internet permettent de contacter Sphinx, en réalité une organisation d’activistes informatiques se posant en traqueurs acharnés des scandales et autres manipulations industrio-étatiques.
Les média grand public révèle alors que le principal suspect de l’attentat, un certain Gérald Reynald, malade schizophrène a été arrêté.
Mu par un puissant pressentiment, Vigo tente de prendre contact avec l’avocat de Reynald, mais est une nouvelle fois trahi lorsque des hommes particulièrement déterminés tente de l’intercepter.
Suspecté à présent par la police nationale d’être le complice de Reynald, Vigo comprend qu’il n’est plus en sécurité même chez Agnès qui recontactée par son mari désire elle aussi prendre ses distances avec les inextricables problèmes de son ami.
Nanti d’une belle somme d’argent en liquide qui lui a laissé sa chérie, Vigo décide d’aller perquisitionner l’appartement de Reynald et y découvre quelques documents intéressants avant d’être découvert par le véritable avocat de Reynald et de devoir une nouvelle fois prendre la fuite.
Ses recherchent l’orientent vers la ville de Nice ou a résidait Reynald.
Sur place il tombe sur Damien, un pirate informatique membre du Sphinx.
Les deux hommes sympathisent et Damien offre à Vigo l’aide du Sphinx, groupe clandestin basé dans le XX ième arrondissement de Paris.
A l’aide du Sphinx, Vigo en apprend davantage sur la société Dermod, la branche la plus sous terraine et cachée de le SEAM qui sert à fournir des mercenaires à l’Etat français pour des opérations militaires non officielles et souvent peu reluisantes à l’étranger.
Le groupe soupçonne Dermod d’avoir à travers la SEAM été visée par les attentats de la Défense.
Le décryptage des informations récupérées chez Reynald croisées avec les voix entendues par Vigo permettent d’orienter les recherches sur des locaux sous terrains cachés sous la dalle de la Défense.
Le Sphinx et Vigo parviennent à approcher le directeur de l’EPAD, qui malgré des réticences et une certaine peur, cède finalement sur la fibre émotionnelle que représente la mort des ses collègues dans l’attentat et finit par leur révéler une entrée vers les sous terrains.
Une expédition para militaire se monte alors avec en appui deux mercenaires fidèles au Sphinx.
L’expédition dans les sous terrain est comme prévu dangereuse et une fusillade ne tarde pas à éclater une fois que le groupe ait pénétré dans des locaux hébergeant des serveurs informatiques classés secret défense.
Aidé par Badji, le chef des mercenaires, Vigo découvre encore en lui d’étonnantes capacités en close combat, mais brusquement envahi par les pensées de peur de son adversaire, demeure paralysé au moment d’appuyer sur la gâchette.
Après de nombreuses pertes et une blessure de Damien, le Sphinx parvient à s’extraire du piège infernal de la Défense en important avec lui de précieux serveurs informatiques.
Mais la contre attaque de Dermod est terrible et le local du Sphinx est également perquisitionné, obligeant l’organisation à se replier dans une cache sous terraine.
L’analyse des serveurs informatiques et l’appel à une amie scientifique du groupe permet de comprendre que sous le nom de protocole 88, la société Dermod a mené des tests sur des cobayes militaires volontaires afin de créer des soldats aux capacités améliorées par traitement cérébraux électro magnétiques.
Vigo et Reynald étaient deux de ses cobayes humains avant que Dermod financée par des programmes internationaux n’investissent sur des milliers de prototypes humains.
Mais les effets secondaires des expériences sur les cobayes les rendent capables de télépathie et trop perméables aux sentiments humains, ce qui nuit à leur efficacité.
A l’aide du Sphinx, Vigo identifie l’instigateur du protocole 88, un ancien colonel de l’armée française devenu aujourd’hui le ministre de l’intérieur Farkas.
Mu par un irrépressible désir de vengeance, Vigo parvient à obtenir un rendez vous avec Farkas dans une maison isolée et bien gardée de Fontainebleau.
En face à face et avec beaucoup de cynisme, Farkas lui révèle les dernières pièces manquantes du puzzle.
Vigo découvre qu’il a été en effet un soldat d’élite, sans doute manipulé à l’époque pour participer à des expériences scientifiques qui ont mal tourné puis que lorsqu’il a été retiré du protocole 88, sa mémoire a été effacée et une nouvelle vie avec des parents et un travail factices recrées de toutes pièces
Il comprend qu’il n’est pas malade mais sans doute la prochaine évolution de l’homme, car capable de percevoir dans certaines situations les pensées de ses semblables.
Bien entendu après de telles révélations, Farkas ne peut laisser Vigo en vie et fait intervenir ses gardes du corps pour l’emmener afin de l’éliminer dans la foret.
Les gardes du corps sont extrêmement athlétiques, trop forts même pour un ex commando comme Vigo, et semblent de surcroit protégés contre l’approche télépathiques par de curieuses oreillettes.
Encore une fois, le Sphinx et ses mercenaires interviennent et interceptent à coup d’explosifs et de mitrailleuses le convoi.
Vigo se retrouve seul avec le dernier garde dans la foret et a toutes les peines du monde à se défaire de cette invincible machine à tuer.
Lorsqu’il y parvient en puisant dans ses ultimes ressouces c’est pour se faire tirer dans le dos.
Mais fort heureusement, le Sphinx le sauve des griffes de la mort.
Lorsqu’il se réveille, c’est pour apprendre que la divulgations des informations secret défenses dans les média grand public ont abouti à la chute de Farkas et à l’ouverture d’une procédure contre Dermod.
Fatigué et brisé, Vigo a le plaisir de parler à nouveau à Agnès et décide de construire une nouvelle vie avec cette femme dont il est tombé amoureux.
Il se choisit un nouveau prénom, Amel, qui signigie « Espoir » en arabe.
En conclusion, « Le syndrome Copernic » est un long roman au démarrage lent qui m’a relativement peu passionné dans sa première moitié ou scènes assez banales se succèdent à des monologues intérieurs historico-philosophiques oiseux.
Mais peu à peu, Loevenbruck construit une ambiance de paranoïa intense ou le héros un monsieur tout le monde de santé fragile plutôt dépassé par les évènements découvre en lui des capacités de résistance de plus en plus intéressantes et surtout des alliés qui se révèleront précieux.
Bien sur quelques exagérations ou clichés sont à signaler, comme la force de frappe militaire d’un groupe de hackers informatiques suffisante pour terrasser des mercenaires ultra entrainés ou la policière arabe dont le héros tombe amoureux, mais ces petits défauts apparaissent rapidement mineurs lorsqu’on se trouve happé par le rythme de plus en plus passionnant de l’intrigue.
Plus le héros trouve en lui les ressources pour contrer ses puissants ennemis et avancer dans ses recherches, plus le récit prend de l’intérêt.
L’idée de la base secrète cachées dans une ville sousterraine laissée à l’abandon sous la Défense est géniale mais lorsque le roman bascule dans une approche de science fiction avec programme militaire secret visant à créer de super soldats conditionné par traitement électro-magnétique, on découvre alors toute l’ampleur du roman.
« Le syndrome de Copernic » est donc un livre complexe, très bien construit, qui fera le bonheur des amateurs de thriller paranoïaque à tendance science fiction.
A recommander.

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