Total recall, l’incroyable et véridique histoire de ma vie (Arnold Schwarzenegger)

Beaucoup plus épaisse et musclée, voici la biographie d’Arnold Schwarzenegger, « Total recall, l’incroyable et véridique histoire de ma vie ».
Derrière ce titre aussi long que le nom de son sujet, se cache de longues confessions de la star sorties en 2012 après qu’il ait achevé ses mandats de Gouverneur de Californie.
On commence donc par la base : une enfance dans une famille modeste dans un petit village autrichien près du Gratz d’après-guerre.
Un père gendarme, autoritaire qui inculque à ses deux fils, Arnold et Meinhard, le gout de la discipline et du dépassement de soi que ce soit dans le sport ou les études.
Le petit Arnold grandit donc dans un univers de privations et de punitions, mais rêve en voyant les films de Johnny Weissmuller, Steeve Reeves et Reg Park, des hommes dont le physique musclé correspond à son idéal de réussite.
Il se met donc à la musculation avec des copains et découvre les effets immédiats sur son corps.
Arnold prend confiance en lui, devient rapidement un fanatique de l’entrainement et remporte des compétitions qui le font connaitre en Autriche.
Pour faire plaisir à ses parents qui voient d‘un mauvais œil cette étrange passion, il termine néanmoins des études de commerce, domaine qui va bien à sa personnalité, effectue un service militaire comme conducteur de tanks avant d’obtenir un libération pour pouvoir participer au concours de Monsieur Europe qu’il remporte.
Arnold a alors trouvé sa voie et déménage à Munich pour s’entrainer et préparer le concours de M Univers.
Là il mène une vie partagée entre un entrainement forcené et des sorties arrosées qui se terminent souvent en bagarre.
Après un premier échec en arrivant à la seconde place, il récidive et devient M Univers à 20 ans en 1967.
Le Canadien Joe Weider, homme d’affaires important dans le milieu du culturisme le remarque alors, le prend sous son aile et lui permet de réalise son rêve en venant s’entrainer aux Etats-Unis pour préparer M Olympia.
Arnold arrive alors à Los Angeles sans parler un mot d’anglais et vit un rêve éveillé en s’entrainant au Gold’s gym sur la plage de Venice beach, salle finalement rustique ou s’entrainent les champions.
Tout en travaillant pour Weider dans la vente de compléments alimentaires et d’abonnement pour les salles de gym, Arnold apprend de ses défaites face à des athlètes certes moins massifs et puissants mais aux muscles mieux dessinés et aux chorégraphies plus maitrisées.
Haïssant la défaite, il corrige ses défauts en s’inspirant notamment de son mentor Park qui l’invite à s’entrainer chez lui en Afrique du Sud et à dépasser ses limites psychologiques en travaillant avec des charges démesurées.
Après avoir étudié son adversaire le plus redoutable, le cubain Sergio Oliva qui l’a battu en 1969, Arnold le bat l’année suivante en menant une guerre psychologique pour le faire douter.
Plus personne ne sera en mesure ensuite de contester son hégémonie sur la discipline, même le colossal Lou Ferrigno, qu’il détruira psychologiquement lors de conquête de son dernier titre en 1974.
Obsédé par sa réussite, il tire un trait sur sa famille autrichienne et endure sans broncher la mort de son frère dans un tragique accident de voiture, puis celle de son père sans même se déplacer pour les enterrements.
Mais ce qui caractérise Schwarzenegger est que durant toutes ces années, il ne se limite pas à pousser de la fonte mais a également d’autres activités : il prend des cours d’anglais, s’inscrit à l’Université pour étudier le commerce et le marketing, travaille sur des chantiers avec son ami culturiste italien Franco Columbu, mais surtout commence à gagner de l’argent en investissant dans des achats d’immeubles à Santa Monica, quartier à l’époque délabré.
Infatigable, Schwarzenegger voit ses efforts récompensés et ne tarde pas à devenir millionnaire grâce à l’immobilier.
Mais alors qu’il a atteint tous ses objectifs sportifs, il cherche à vivre son autre but : devenir acteur de cinéma.
Les débuts sont laborieux et les petits rôles dans des séries ou des films ne voyant pas le jour ne font que souligner son manque d’expérience.
Arnold va corriger le tir en prenant des cours d’art dramatique.
La chance finit par lui sourire lorsqu’on le retient pour Conan le Barbare, le rôle d’un aventurier barbare de bandes dessinées au corps sur-développé.
John Milius réalisateur excentrique trouve ainsi l’incarnation physique de sa vision démesurée du personnage.
Malgré sa violence, Conan devient un film culte en raison de son souffle épique et de la présence écrasante de Schwarzenegger.
Des suites sont alors programmées mais ce sera le « Terminator » de James Cameron, film injustement classé en série B/SF qui créera la légende de Schwarzenegger en froid tueur cyborg venu du futur.
Alors que sa carrière décolle, Schwarzenegger fait LA rencontre de sa vie amoureuse avec Maria Shriver, fille la sœur de John Fitzgerald Kennedy qui partage son ambition et son coté non conformiste.
Maria qu’il épouse en 1986 en plein tournage de l’éprouvant « Prédator » autre film culte mêlant SF, action et horreur, l’épaulera et le conseillera durant toute sa carrière jusqu’à leur séparation en 2011.
La carrière de Schwarzenegger décolle donc au cinéma et« Total recall » classé aujourd’hui parmi les chefs d’œuvre passe pourtant à coté de la catastrophe et montre l’implication de Schwarzenegger pour « vendre » ses films et aligner les harassantes tournées mondiales qu’il considère plus comme un plaisir que comme une corvée.
Devenu richissime, il peut donc se permettre de lever le pied et de fonder une famille, : naitront de son union avec Maria deux filles et deux garçons.
De plus en plus en plus demandée, la star peut se permettre se diversifier en jouant la comédie dans « Les Jumeaux » qui sera l’un de ses films les plus rentables puis d’autres comédies des années 90 visant à modifier son image de machine à tuer.
Lorsque sa carrière commence à décliner dans les années 2000 notamment en raison de gros problèmes cardiaques qui lui vaudront plusieurs opérations, Schwarzenegger décide de changer de registre et assumant jusqu’au bout son engagement en faveur des Républicains se présente pour le poste de Gouverneur de la Californie, l’état-nation le plus puissant du monde.
Schwarzenegger profite de la situation catastrophique dans laquelle le précédent gouverneur, Gray Davis se trouve avec des dépenses qui s’envolent et d'énormes coupures d’électricité dues au scandale Enron.
Bien entouré et bien conseillé, il crée la surprise et est élu en 2004 malgré son manque absolu d’expérience.
Ce fidèle à Nixon, Reagan et Georges Bush père, entreprend alors une courageuse mais risquée politique de réductions drastiques des dépenses publiques en rognant sur les avantages des fonctionnaires et se heurte donc aux syndicats des enseignants, de la police et des prisons.
Mais « Gouvernator » fait face courageusement, allant jusqu’au bout de ses idées.
Si la crise des subprimes de 2008 l’empêche de réformer comme il le voulait le système de santé et l’aide sociale aux enfants de son état, de gros investissements sont néanmoins votés pour redévelopper les infrastructures (trains, routes, ponts) et réduire la facture énergétique en développant l’énergie solaire et les motorisations moins émettrices en gaz à effet de serre.
Seul contre tous ou presque notamment Georges Bush Jr et les lobbies pétrolier-automobiles, Schwarzenegger fait voter ses lois et noue des liens avec d’autres grandes villes notamment en Chine ou il se rend souvent en missions commerciales.
Lorsqu’il quitte ses fonctions en 2011 après deux mandats successifs, Schwarzenegger a le sentiment, si il a pu commettre des erreurs et des maladresses, d’avoir accompli une satisfaisante mission de service public en se mettant au service des autres.
Pourtant un ultime scandale vient le frapper lorsque Maria découvre son fils illégitime Joseph, engendré avec leur bonne… le choc est tel que les époux se séparent, ce qui oblige Schwarzenegger a reconnaitre publiquement ses erreurs.
Mais infatigable, l’homme revient au cinéma pour rejouer à 65 ans aux cotés de son ex rival Stallone dans Expendables et fourmille de projets notamment au travers de son Université, qui se veut un instrument d’influence mondiale notamment sur le plan écologique.
En conclusion, « Total recall, l’incroyable et véridique histoire de ma vie » n’est pas un titre mensonger mais raconte bel et bien une histoire incroyable, celle d’un petit autrichien qui se rêvait d’un destin différent et qui se l’est forgé à grands coups d’abnégation que ce soit dans l’obsession de la perfection physique, que du travail acharné pour briller sous les projecteurs mais également « faire de l’argent » comme tout bon capitaliste en prenant des risques pour gagner plus.
Le coté « vendeur » de Schwarzenegger apparait ici prédominant, cette forte personnalité, ce charisme et surtout cette formidable ambition qui le différencient des autres pousseurs de fonte.
Tout en reconnaissant ses erreurs, comme la prise de stéroïdes, sa froideur avec sa famille autrichienne, le passé nazi de son père (qu’il ignorait), quelques maladresses de langages en tant qu’homme politique et son infidélité qui lui a couté son mariage, Schwarzenegger se révèle un formidable battant et un stratège hors pair capable de s’adapter à des milieux aussi complexes et dangereux que celui des hautes sphères de la politique américaine.
Un livre donc exceptionnel donc qui vous emportera dans son tourbillon d’énergie pure mue par la volonté indestructible de son auteur !

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