Deuil et mélancolie (Sigmund Freud)

 



Poursuite de la découverte de l’œuvre de Sigmund Freud avec « Deuil et mélancolie ».

Paru en 1917, ce court essai d’à peine une trentaine de pages voit Freud poursuivre les travaux de son collège et ami Karl Abraham et comparer les deux affections dont les effets extérieurs à savoir un désintérêt pour l’environnement extérieur, sont parfois comparables : le deuil et la mélancolie.

Si le deuil apparait comme une réaction à un évènement externe, la perte d’un objet aimé, la mélancolie est davantage décrite comme une réaction interne tournant autour d’une dépréciation chronique de l’individu.

Alors que l’endeuillé ramène tout à l’objet perdu et y identifie son moi, le mélancolique lui se centre sur lui-même pour détruire son moi intérieur.

C’est ainsi que l’endeuillé a en quelque sorte une situation plus simple à résoudre tandis que le mélancolique a affaire avec un mal plus vaste et multiple aboutissant à une jouissance sadique envers lui-même pouvant dans les cas les plus extrêmes aboutir à la mort.

Dans le cas du deuil, Freud décrit un processus lent et graduel permettant peu à peu à la réalité de reprendre le dessus vis-à-vis de l’objet perdu et ainsi de surmonter la douleur de la perte.

Affligé d’un mal plus complexe car constitutionnel, le mélancolique doit lutter avec un conflit narcissique de son moi intérieur construit sur une profonde ambivalence amour/haine.

Enfin, les annexes d’Abraham viennent compléter les travaux de Freud, avec notamment des exemples illustratifs basés sur la vie personnelle du psychanalyste (la perte de son père) ou une courageuse et difficile tentative d’expliquer l’homosexualité masculine par une identification à la mère plutôt qu’au père.

En conclusion, « Deuil et mélancolie » n’est pas l’essai de Freud qui m’a le plus intéressé.

Trop court, plutôt complexe car reprenant des notions définies par Abraham, il ne rentre pas assez à mon gout dans les mécanismes profonds permettant d’expliquer réellement les phases il est vrai complexes et multiples des états dépressifs.

On reste donc en quelque sorte sur sa faim et au final assez peu convaincu de explications apportées…

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