The Vietnam war, épisode 10 (Ken Burns, Lynn Novick)



 

 

Dans l'ultime volet« The Vietnam war, épisode 10 », les États-Unis signent en 1973 ce qui ressemble à un accord de retraite, laissant dans le Sud Vietnam 145 000 soldats vietcongs en échange de la libération de leurs prisonniers.

Les GI rentrent alors au pays laissant 200 Marines surveiller les bbâtiments officiels à Saïgon.

Mais l'administration Nixon fragilisée par les scandales du Watergate ne peut honorer ses engagement à l'égard de Van Thieu assez rapidement agressé par ses voisins du Nord dès l'accord signé.

Alors que Nixon est poussé à la démission, l'ARVN affronte seule les Vietcongs et sans l'assistance américaine pour utiliser son couteux armement, essuie vite revers sur revers.

Le retrait des Américains provoque aussi une crise économique : flambée des prix, chômage et désertion.

Dès lors l'avancée des Vietcongs paraît inexorable d'autant plus que Le Duan confie la tache au général Giap héros de Dien Bien Phu.

Les villes du sud sont prises les unes après les autres, les soldats sud vietnamiens se débandant sous la poussée adverse ce qui provoque des vagues de panique également parmi la population civile qui tente de fuir par mer ou air.

Après la prise de Danang en 1975 et l'arrivée des Vietcongs proche de Saïgon, le président Ford demande de débloquer une aide d'urgence de 722 millions de dollars pour aider l'ARVN mais le Congrès lui refuse.

Tout le monde cherche à fuir sauf Martin l'ambassadeur américain de Saïgon dont le jugement paraît passablement altéré.

Les Vietcongs détruisent les pistes d'atterrissage de l'aéroport ce qui obligent les derniers américains a être évacués par des hélicoptères de l'US Navy.

L'ambassadeur est finalement évacué de force avec les derniers Marines alors qu'une foule désespérée cherche à joindre les hélicoptères ou les bateaux.

En 1975, Minh le successeur de Van Thieu signe la reddition ce qui met fin à 30 ans de conflit.

Pourtant le Vietnam continuera de s'enliser dans 10 années de guerre supplémentaires contre son voisin cambodgien soutenu par la Chine alors qu'il bénéficiera du soutien de l'URSS.

Quand l'heure des bilans arrive, les vétérans atteints de syndromes post traumatiques se souviennent.

Certains souhaitent revenir sur place et établir des relations plus saines et pacifiques avec les Vietnamiens en favorisant l'éducation.

Le temps finit par panser les blessures et des accords de coopération permettent de lever l'embargo sur le pays en 1994.

Clinton en 2000 puis Obama font des visites officielles.

Reste le mémorial à Washington, lugubre stèle crée en 1982 ou figure les noms des 58 000 soldats américains tués.

Du coté Vietnamiens, les survivants des deux camps, souhaitent tourner la page, y compris ceux ayant séjourné dans des camps de « rééducation » pendant 17 ans.

En conclusion, « The Vietnam war, épisode 10» constitue peut être l'épisode le plus émouvant de la passionnante série crée par Ken Burns et Lynn Novick.

Faisant certes moins la part belle aux atrocités des combats, il montre l'épilogue de la guerre, la fuite peu glorieuse des Américains humiliés et fragilisés par ce premier revers militaire et le désespoir de leurs fidèles alliés sud vietnamien qui tenteront par tous les moyens de quitter le pays pour émigrer en Europe ou aux États-Unis via le mouvement des boat peoples.

Quand l'émotion cède la place à l'horreur, le temps du recueillement prend le dessus et entre deux larmes on ne peut que sourir en voyant les beaux gestes de réconciliation entrepris de part et d'autres pour tenter de panser ses blessures.

Reste en suspens l'écrasante culpabilité des présidents américains Kennedy-Johnson-Nixon, tous les trois incapables de traiter un problème qui les dépassaient et qui ont conduit à la mort inutiles d'une partie de la jeunesse américaine, laissant le reste de leur pays meurtri à jamais.

Ce nouveau chef d’œuvre de Burns prend au tripe en unifiant les deux camps autour de la souffrance et de l'absurdité de la guerre.

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