Jin-roh (Hiroyuki Okiura)

Voici une incartade dans un monde qui m’est relativement peu familier, celui du Manga avec « Jin-roh » de Hiroyuki Okiura, véritable légende du genre avec des réalisations cultes comme Akira (1988), Patlabor (1989) ou Ghost in the shell (1995).

Sorti en 1999, « Jin-roh » raconte dans le Japon des années 50 meurtri par la défaite, une rivalité complexe entre les forces de Police et une unité spéciale la Posem (Police de sécurité métropolitaine) dont les troupes d’élites appelées Panzer sont composées de soldats en armures sur-armés.

La Posem a été crée pour combattre un groupe terroriste appelé la Secte qui profite des troubles post guerre, pour perpétrer de sanglants attentats visant à déstabiliser le pouvoir en place.

Au cours d’une opération à risque dans les égouts, le lieutenant Kazuki Fuse membre de la Panzer, interpelle une jeune fille chargée d’une mission pour la Secte.

Mais la jeune fille refuse de se rendre au policier et actionne la bombe, se suicidant et provoquant une puissante déflagration.

Ayant survécu grâce à son armure, Fuse réintègre sa caserne avec de sévères séquelles psychologiques puisqu’il apparait hanté par son échec et par la mort de la petite fille.

Commence alors sur fond de guerre des polices, une étrange processus ou Fuse rencontre la sœur de la victime Kei Amemiya et débute une relation avec elle.

Après de nombreuses longueurs, on apprend que en réalité la sœur de la terroriste est chargée pour le compte de la police d’utiliser Fuse pour infiltrer la Posem et la placer sous contrôle.

Mais Fuse aidé sans doute par les remords de Kei, parvient à éviter un piège tendu par la Police lors d’un rendez vous nocturne dans un musée.

Traqué, il s’enfuit avec elle dans une cavale mystérieuse qui l’amène à lui révéler qu’il est en réalité un agent de la Secte, chargé d’infiltrer la Posem.

Le retournement est total et c’est un Fuse beaucoup plus déterminé qui se met à son tour à traquer les policiers venus arrêter la Secte dans les égouts.

Affublé de son armure de Panzer, Fuse massacre impitoyablement les policiers, prenant sa revanche sur le supérieur chargé de coordonner les opérations.

Mais malgré la réussite de l’opération et un relatif statut quo entre police et Posem, Fuse comprend qu’il ne peut laisser en vie Kei, et doit malgré son attachement l’éliminer.

En conclusion, malgré son scénario prometteur, « Jin-roh » m’a déçu.

Le scénario digne d’un film d’espionnage est complexe et la réalisation mollassonne provoque un fort ennui avec de longues séquences de tête à tête ou il ne se passe pas grand-chose entre palabres de hauts fonctionnaires et pseudo scènes de flirt bien timides.

Déception également du point de vue de l’ambiance, avec certes de superbes images et une classe esthétique encore rarement vues dans un Manga, mais un univers pas si futuriste que cela, avec des soldats dotés d’armures nazi vaguement améliorées se revendiquant comme des loups dénués de sentiments.

Nous sommes certes dans les années 50 et les progrès de la robotique/cybernétique n’ont pas encore vus le jour, mais ceci déçoit un peu lorsqu’on s’attend à des combats de cyborgs sur armés.

Mis à part donc pour ses qualités esthétiques, « Jin-roh » est un film trop froid, trop lent et trop cérébral pour moi.

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