Le sel de la vengeance (James T Hashian)

Je désirais accomplir un acte quasi sacré d'hommage à mes grand-parents en relisant « Le sel de la vengeance » roman de James T Hashian paru en France en 1985.

Lecture d'enfance, lecture de vacance, lecture d'été, « Le sel de la vengeance » a pour toile de fond le génocide du peuple arménien en 1915.

En Anatolie, un forgeron de haute taille nomma Mamigon Agha, revient de la chasse avec son frère Aram et découvre son village Yosghat Dagh incendié, la population massacrée, les femmes mutilées et violées.

Tout à la souffrance de trouver sa femme et leurs enfants assassinés, Mamigon apprend de la bouche d'un cousin agonisant que Tallal Kosmanli, un ancien camarade turc de l'Académie militaire a dirigé le massacre à l'aide de militaires.

Dès lors, il jure de se venger de Tallal qu'il a traité comme un ami sinon plus, n'hésitant pas à lui faire partager son hospitalité.

Excellent tireur et combattant, Mamigon se met à sa recherche avec Aram et rencontre en Anatolie d'autres Arméniens victimes des mêmes exactions, ce qui confirme la volonté gouvernementale des Turcs de déporter ou d'exterminer cette minorité chrétienne du pays.

Ses qualités guerrières lui permettent de libérer les femmes de son village, de leur apprendre les bases de l'auto-défense, puis à tenir suffisamment en respect les soldats qu'ils croisent pour arriver jusqu'à la mer prendre un bateau pour la Grèce.

En chemin, Mamigon croise Tatios un grec cultivé et excellent cavalier qui le renseigne sur la situation dramatique des Arméniens et tente de l'aider à se venger de Tallal à la tête d'un autre convoi de déportés.

Mais à deux contre cent, Tallal s'en sort et capture Mamigon.

Face à la mort, Mamigon clame les offenses de Tallal à son foyer, afin de heurter la sensibilité des Musulmans par rapport aux règles de l'hospitalité.

Ceci fonctionne et donne l'occasion à Mamigon d'affronter son ennemi dans un duel de tir à la corde face à un feu.

Mamigon l'emporte, Tallal est déshonoré mais ceci ne le sauve pas pour autant.

Condamné à un mort lente et douloureuse, Mamigon fausse compagnie à son jeune gardien, Enver Dash qu'il avait déjà croisé et épargné.

En représailles, Dash est émasculé par Tallal.

Lors de son périple, Mamigon rencontre Guzell, une jeune turque se faisant passer pour un homme et finit par tomber amoureux d'elle.

Le couple à des projets de mariage mais à Izmir, Mamigon tente d'approcher une dernière fois son ennemi pour le tuer.

Tallal qui tombé en disgrâce, a du quitter l'armée turque pour aller aux États-Unis reprendre la direction d'une société d'import-export en peau, faisant également du renseignement, est sur le point de quitter le pays.

Mamigon le manque de justesse et le blesse grièvement alors qu'il s'embarque pour Boston avec Guzell...qui l'a persuadé de le prendre comme serviteur !

Fou de rage, le géant arménien embarque sur le premier navire venu et devient marin pendant de longue années jusqu'à arriver finalement à Boston, son port d'attache.

Ayant sympathisé avec le capitaine grec qu'il a sauvé de voyou, il reprend peu à peu une vie sociale et fréquente la communauté arméno-turque.

Il retrouve également Guzell par l'intermédiaire de Tatios, lui aussi à Boston et lui pardonne après avoir entendu les raisons de sa fuite.

Désireux de se sédentariser, Mamigon fonde une entreprise de livraison par camion.

Mais Tallal finit par avoir vent de sa présence et envoie Dash et ses hommes l'éliminer.

Mamigon échappe par miracle à plusieurs agressions armées mais Tatios et Guzell périssent au cours d'une d'entre-elles ainsi que son frère Aram, pris pour lui par mégarde par un des tueurs.

S'en est trop pour Mamigon qui finit par comprendre que Tallal lui en veut encore, le traque, le retrouve et le laisse inconscient chez lui.

Tallal est cependant retrouvé châtré et exécuté par Dash, ivre de haine contre son ancien patron.

Mais Mamigon finit un jour par périr, tué par ce même Dash qu'il avait épargné jadis, à tort.

En conclusion, « Le sel de la vengeance » est un roman épique d'une intensité prodigieuse décrivant une quête sans fin d'une sorte de « Rambo » Arménien invincible terrassant les Turcs par dizaines à lui tout seul, ou presque.

Le niveau de violence est également très haut, par instants à la limite du supportable, mais se justifie par la toile de fond historique du génocide arménien et ses horreurs, aujourd'hui encore assez mal connues et presque oubliées.

Lors de ma première lecture, « Le sel de la vengeance » m'avait déjà passionné et 35 ans après je l'ai dévoré d'une même traite avec la même voracité, accomplissant un devoir de mémoire vis-à-vis de mes aïeuls qui me l'avaient fait découvrir en 1985.

Quel dommage, que Hashian n'ait plus rien publié après ! Car du talent il en avait à revendre !

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