Matrix (Andy et Larry Wachowski)

Pour beaucoup « Matrix » des frères Wachowski, sorti en 1999 est un film culte, voir sans doute l’un des meilleurs films de Science Fiction de tous les temps à l’égal de la Guerre des Etoiles.
Pour ma part j’avais vu le film à sa sorti en salle, je n’avais pas spécialement accroché, j’avais par acquis de conscience vu le second avant devant mon insatisfaction croissante de tout  laisser brutalement tomber.
J’ai donc revu 20 ans après le premier volet avec je l’espère un œil neuf, plus mature.
Le résultat est que « Matrix » est un bon film de Science Fiction mélangeant habilement action, technologie et philosophie.
La force du premier Matrix réside pour moi dans son scénario, complexe, ambitieux et très abouti.
L’histoire est il est vrai dense, assez paranoiaque, truffée de personnages et de rebondissements.
Elle marque aussi une progression pour le spectateur dans la compréhension du récit.
Finalement le héros, Thomas Anderson (Keanu Reeves) ce cadre dans une multi nationale high tech aseptisée, hacker informatique la nuit qui se retrouve happé par des événements qui le dépassent, pourrait être beaucoup de gens dans la société moderne compte tenu du nombre croissant de « geeks »  ingénieurs informaticiens dans notre société.
Bon évidemment la sédentarité et le régime coca-pizza ne garantissent pas forcément le physique musclé et athlétique de Keanu Reeves mais le cinéma n’est il pas fait pour rêver après tout ?
Dans le film, Anderson alias « Mister Nobody » est donc contacté par une organisation mystérieuse présidée par un certain Morpheus (Laurence Fishburne).
Morpheus lui révèle que le monde dans lequel il vit n’est pas la réalité mais un monde virtuel et factice appelé Matrice contrôlé par des Intelligences Artificielles.
Ces I.A ont combattu et vaincu les hommes lors d’une guerre nucléaire et ceux ci sont à présent réduit à l’état d’élevage, fournissant le combustible énergétique pour faire tourner le mondes des machines.
Les humains croient donc vivre leur vie dans la Matrice alors qu’ils sont en réalité maintenu dans des cocons, inconscients et nourris artificiellement.
Meme leur reproduction est assurée par les I.A.
Seuls quelques humains « survivants » comme le groupe de Morpheus luttent encore et se cachant dans les repli sous terrains du monde réels.
Ces survivants mènent des actions commando en pénétrant dans la Matrice via les connections téléphoniques.  
Ils sont pourchassés par les I.A qui leurs envoient des virus logiciel comme l’Agent Smith (Hugo Weaving ) ou des pieuvres traquant dans le monde réel leurs vaisseaux.
Selon un Oracle, Anderson a été annoncé comme étant Néo, l’Elu qui libérerait l’humanité de l’emprise de la Matrice.
Anderson voit donc toute sa réalité s’écrouler et doit combattre son incrédulité devant ce qu’il découvre.
Morpheus lui sert de mentor, il l’entraîne, enfin il lui apprend surtout tous les arts martiaux et le maniement des armes à feu plutôt que de passer du temps au développement de ses capacité intellectuelles.
Mais malgré cela, le doute plane, Anderson est il vraiment l’Elu ?  Sera t il à la hauteur de cette tache quasi christique ?
C’est tout l’enjeu du premier film pour moi, la consolidation des capacités d’Anderson a accomplir la prophétie de l’Oracle.
Bien, voilà donc pour les cotés plaisants.
Ce que j’aime moins dans Matrice se situe dans l’esthétique, avec ce mélange de neo gothique sado maso branché, de technologie et de vague philosophie martiale.
Ce mélange s’avère globalement peu crédible et assez indigeste.
Je suis également toujours surpris que pour un film sensé se passer dans un futur évolué et hyper technologique, les combats se passent encore à base d’arts martiaux et de fusillades à l’arme à feu !
Les combats justement, certes il y a l’utilisation de procédés techniques révolutionnaires pour « figer » les personnages en l’air, de leur faire esquiver les balles et grimper aux murs mais la majeur partie d’entre eux restent très basiques avec un déluge de balles à la limite du ridicule dans la scène ou Néo vient délivrer Morpheus capturé par l’Agent Smith.
L’Agent Smith peu impressionnant physiquement n’est pas aussi pour moi pas un « ennemi » crédible, avec son costume et son look de cadre supérieur trop propre sur lui.
Quand à la pseudo histoire d’amour avec Trinity alias Carrie Anne Moss (dont l’un des mes amis était amoureux à l’époque !)  je n’y ai pas cru non plus …
En conclusion, Matrix repose sur une bonne idée à base dans la grande tradition de la Science Fiction à la Philippe K Dick ( Ce que nous vivons est il  réel ? ) , à savoir un scénario fouillé et prenant mais ni les acteurs ni l’imagerie ni les scènes d’action ne m’ont fait pleinement adhérées à ce joli produit high tech (pour l’époque).
Matrix demeure néanmoins une audacieuse incursion dans le monde de la SF, ce qui par rapport à la médiocrité de la production cinématographique n’est pas à négliger.
Quand au succès du film il s’explique bien évidemment par ses multiples niveaux de lectures, film d’action/kung fu pour les moins cérébraux, film de réflexion à tiroirs quasi philosophiques sur le monde moderne pour les autres.

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