Nuit d’orage à Copacabana (Luiz Alfredo Garcia-Roza)
Sorti en 2015, « Nuit d’orage à Copacabana » est déjà le 7ieme roman de Luiz Alfredo Garcia-Roza, un ancien psychologue venu sur le tard à la littérature.Continuant la série des enquêtes du commissaire carioca Espinosa, « Nuit d’orage à Copacabana » débute par le meurtre par balle d’un SDF dans une impasse du quartier de Peixoto à Rio de Janeiro.
Le sort de la victime appelée le « Maigre », un unijambiste de 50 ans ne provoque pas beaucoup d’émotion au sein du voisinage de ce quartier plutôt huppé.
Mais Espinosa qui a passé un partie de son enfance dans cet endroit et connaissait cette ruelle n’entend pas classer l’affaire si vite et s’appuie sur ses deux fidèles inspecteurs, Ramiro et Welber.
Rapidement les invités d’une fête donnée dans un immeuble voisin ayant garé leur voiture dans l’impasse deviennent les principales cibles de policiers.
Parmi eux, Aldo Bruno, un architecte à succès de Copacabana et Rogerio Antunes, un homme d’affaires flambeur.
Si l’exubérant Antunes se montre plutôt convaincant dans ses explications, le taciturne Bruno intrigue beaucoup Espinosa.
Alors que le commissaire se creuse la tête, demandant à ses hommes d’éplucher tous les dossier médicaux des hôpitaux de Copacabana et de recueillir les témoignages de habitants de la favela ou résidait le maigre, la vie d’Aldo se fissure peu à peu…
Malgré les propos rassurants de sa femme Camila, une psychologue d’Ipanema, la mémoire lui revient par flashs désagréables ce qui n’échappe pas aux sens aiguisés d’Espinosa.
Peu à peu la ligne de défense de l’architecte tombe : le fait qu’il connaissait la victime et qu’il était armé ce soir là devenant l’évidence.
Le meurtre de Camila change pourtant brutalement la donne et oblige la police à s’intéresser à Mercedes la jeune stagiaire avec qui l’architecte entretenait une liaison.
Même si la sulfureuse Mercedes reconnait avoir une relation avec Camila, qu’elle fréquentait sous une fausse identité à son cabinet, elle nie en revanche farouchement le meurtre et finit par accuser Aldo.
Dévasté, l’architecte finit par se pendre avant sa sortie de l’hôpital emportant avec lui le mobile du meurtre du SDF..seulement expliqué par des flashbacks d’enfance.
En conclusion, « Nuit d’orage à Copacabana » est un roman policier dont l’histoire très prenante, captive dès le début.
Garcia-Roza nous emmène dans les beaux quartiers de Rio et rétablit une forme de justice sociale par la ténacité d’un commissaire amoureux des livres, qui met toutes ses compétences pour faire tomber les suspects d’une classe aisée, se sentant sous doute intouchables.
Sobriété du style, finesse de l’approche du psychisme torturé d’un architecte meurtri par ses blessures d’enfance, sont les deux points forts de cet excellent polar brésilien.
Et si M Garcia-Roza avait gagné un nouveau lecteur ? Oui !

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