La Vouivre (Georges Wilson)

Prolongement logique du roman de Marcel Aymé, « La Vouivre » de Georges Wilson sort en 1989.

L’adaptation de Wilson, met en scène Arsène Muselier (Lambert Wilson) un ancien soldat de la guerre de 1914-1918 qui revient dans son village natal du Jura après avoir été blessé à la tête durant les combats contre les Allemands.

La famille Muselier est la rivale des Mindeur, a qui elle voue une haine ancestrale.

Le comportement d’Arsène apparait tout de suite comme étrange, le jeune homme parait absent et a du mal à se plier aux obligations du travail dans les champs au coté du clan Muselier composé du vieux serviteur Urbain (Jacques Dufilho), du frère ainé Victor (Jean-Jacques Moreau) dirigé d’une main de fer par la mère Louise (Suzanne Flon).

Arsène semble toujours avoir de la tendresse pour la jeune servante appelée Belette (Paola Lanzi) et traine avec le vieux fossoyeur Requiem (Jean Carmet) alcoolique et gouailleur qui lui parle le premier de la légende d’une belle jeune femme se baignant nue dans les étangs en laissant sur la berge un beau diamant.

Cette femme serait en réalité la créature légendaire appelée la Vouivre et aurait le pouvoir de commander aux serpent de la foret, gardien du diamant qui tuerait quiconque chercherait à s’en emparer.

Meme si les dires de Requiem sont peu crus au sein du village avec un curé cherchant à combattre toute forme de superstition qu’il attribue à des principes sataniques, ils sont suffisant pour intriguer Arsène qui se rend dans la zone des étangs.

Il y rencontre la Vouivre (Laurence Treil) et tombe sous son charme après avoir tenté de lui dérober son diamant.

Dés lors, Arsène va devenir obséder par ses rencontre nocturnes avec la créature, qui va rapidement lui faire comprendre que du fait de son immortalité, leur liaison est par avance vouée à l’échec.

Troublé par cette révélation, Arsène va dés lors avoir un comportement de plus en plus incompréhensible pour ses proches, notamment sa Mère qui comptait bien le marier à Juliette (Laurence Masliah) la fille des Mindeur.

Après avoir fait ses adieux à Requiem, plus délirant que jamais dans ses projets de richesse et de recherche de sa concubine et au vieil Urbain pour qui il construit une maison en une nuit pour ses vieux jours, Arsène a la désagréable surprise de surprendre Victor et Belette enlacés.

Les dégâts provoqués par cette découverte sont terribles pour tout le monde et la Belette prise de remord va dérober le diamant de la Vouivre ce qui oblige Arséne à s’interposer devant les serpents en furie.

L’histoire se termine tristement par la mort de ce couple étrange, tué par les crocs des serpents.

En conclusion, Georges Wilson a assurément pris bon nombres de libertés avec le roman de Marcel Aymé et sa version de « La Vouivre » demeure assez personnelle, car mettant sous le compte d’une blessure à la guerre, le comportement erratique d’Arsène.

Malgré ces quelques entorses au livre, des moyens assez limités (les pouvoirs surnaturels de la Vouivre et les attaques de serpents sont assez peu impressionnantes) , « La Vouivre » demeure une ouvre intéressante restituant assez bien le climat de moiteur sensuelle d’un été près des lacs jurassiens avec cette impression de calme, de plénitude et de nature en éveil.

L’interprétation des acteurs adoptant l’accent franc comtois est aussi étonnante avec un Lambert Wilson dont la beauté juvénile se marie à merveille avec le physique envoutant de Laurence Treil.

« La Vouivre » n’est donc pas un chef d’œuvre du cinéma mais vaut assurément le détour ne serait ce que pour gouter son ambiance moite et puissante de campagne française.

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