Le potentiel érotique de ma femme (David Foenkinos)

David Foenkinos est l’un des auteurs contemporains français les plus populaires.

Sorti en 2004, « Le potentiel érotique de ma femme » est un court roman idéal pour prendre connaissance à moindre effort avec l’œuvre de l’écrivain.

Derrière ce titre prometteur se cache l’histoire d’un homme appelé Hector, célibataire décalé cachant le vide de sa vie privée derrière une folle vie de collectionneur d’objets sans intérêt comme les pin’s ou les étiquettes de fromage.
Dominé par son frère ainé chez qui il occupe un poste de modeste employé de bureau, asphyxié par des parents étouffants et sourds à sa détresse, Hector décide de changer de vie.

Cette résolution courageuse passe par une désaccoutumance à la collectionnite aigue et par la recherche d’une femme pour stabiliser une vie privée à la dérive.

Après avoir rencontré un couple étrange Marcel et Laurence et avoir été tripoté par cette dernière présentée comme une championne de ping pong, Hector touche le fond et commet un jour une tentative de suicide manquée dans le métro parisien.

Incapable d’avouer à ses collègues cet acte lourdement connoté socialement, Hector raconte qu’il est parti en voyage plusieurs mois aux Etats-Unis et pour donner plus de crédit à son récit, effectue des recherches à la Bibliothèque National de France.

Sur place il tombe par hasard sur Brigitte, une thésarde en sociologie elle aussi en recherche de crédibilité sur un voyage fictif aux Etats-Unis, inventé pour les besoins de sa thèse.

Entre eux, le coup de foudre est réciproque et le mariage ne tarde pas à venir, apportant bonheur et stabilité à Hector.
Débarrassé en apparence de ses démons intérieurs, Hector qui a laissé tomber son job de minable employé pour monter avec sa femme une entreprise à succès de voyages fictifs, ne développe pas moins une nouvelle curieuse obsession pour les séances de nettoyage de vitres de Brigitte.

Prodigieusement excité sexuellement par la gestuelle de sa femme lors de cet acte en apparence banal, Hector va jusqu’à installer une caméra vidéo pour vivre et revivre ses fantasmes.
Pourtant cette obsession ne tarde pas à se retourner contre lui puisqu’il découvre un jour sur un film vidéo que sa femme a un amant.

Choqué, Hector soupçonne son frère Gérard, ancien champion cycliste raté, de couvrir les agissements adultères de sa femme et va jusqu’à le procurer, en remettant en cause son unique succès présumé, lors d’une course soit disant gagnée au Maroc.

Face à la colère d’un athlète peu fin comme Gérard, Hector est passé à tabac puis séquestré avant de sous la menace physique se rétracter.

Ceci n’enlève en rien sa ténacité à prendre sa femme en défaut mais un jour pourtant Brigitte lui révèle qu’elle a organisé la mise en scène de l’adultère pour le punir de la filmer sans son accord.
Le moment est donc venu pour Hector de révéler à sa femme sa pulsion ce qui loin de la choquer, resserre au contraire leurs liens et leur complicité.

Brigitte accepte de satisfaire les fantasmes de voyeur d’Hector, fantasmes qui ont pour avantage de le rapprocher de la monogamie et de la stabilité affective.
En contrepartie, Hector doit satisfaire le fantasme de Brigitte qui est de le voir montrer son sexe lors d’un diner avec le couple terrible Marcel-Laurence.

Les relations se cimentent donc entre Hector et Brigitte qui tombe logiquement enceinte.
L’accouchement de triplés produit un dénouement en forme de boucle avec le retour à un sentiment de collection.

En conclusion, « Le potentiel érotique de ma femme » est un petit roman léger qui ne restera sans doute pas de manière durable dans mon esprit.

L’histoire de cet homme malheureux trouvant sa rédemption dans les fantasmes confinés de son couple, est banale et finalement assez décevante au niveau de sa charge érotique finalement tristement inoffensive alors qu’on s’attendait à un feu d’artifice de situations plus chaudes et sensuelles les unes que les autres.

Seul point positif à signaler, le style de Foenkinos et tout particulièrement son humour redoutablement décapant, qui donne un peu de sel au récit.
Ceci sera sans doute trop juste pour me donner envie de continuer la découverte.

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