Predator (John Mc Tiernan)
Sorti en 1987, « Predator » de John Mc Tiernan est un film que je voulais depuis longtemps chroniquer.
En pleine guerre froide durant les années 80, les États Unis, traumatisés par la défaite du Viet Nam, ont produit des milliers de films d’actions ou d’invincibles commandos US prenaient une revanche éclatante sur les hordes de cruels communistes asiatiques ou russes.
Pourtant malgré un casting de gros durs body buildés et la présence d’un Arnold Schwarzenegger au top de sa forme musculaire, il serait bien ridicule de classer « Predator » dans la même catégorie que ces navets à l ‘idéologie bas du front.
De prime abord, l’histoire apparaît pourtant dans la plus droite lignée des actionneurs bourrins américains : une troupe de soldat d'élite américains commandée par le major Alan Schaefer dit « Dutch » (Arnold Schwarzenegger) est chargée par la CIA d’une mission secrète dans la jungle du Guatemala pour récupérer un ministre dont l’hélicoptère a été abattu et qui se trouve séquestré par des guérilleros.
Bien que militaire, Dutch se considère comme un sauveteur et non un tueur et seule la présence de son ami George Dillon (Carl « Apollo Creed » Weathers) représentant de la CIA dans son équipe, parvient à le convaincre d’accepter cette mission douteuse.
Le major est donc largué avec ses hommes en pleine jungle.
Parmi eux on trouve le sergent Mac Elliot (Bill Duke) un colossal noir adepte de la mitrailleuse lourde, Blain Cooper (Jesse Ventura) archétype du para viril et vulgaire, Billy Sole (Sonny Landham) taciturne indien aux sens hyper aiguisés, Jorge « Pancho » Ramirez (Richard Chaves) latino américain intelligent et expérimenté et enfin Rick Hawkins (Shane Black) soldat plus frêle adepte de blagues stupides.
La troupe pénètre dans la jungle, tombe sur la carcasse calcinée de l’hélicoptère du soi disant ministre et sur les corps affreusement écorchés de militaires américains dont la présence paraît des plus louches à Dutch.
Les hommes remontent la trace des guérilleros et découvrent le camps ou ils détiennent leurs otages.
Ils prennent alors d’assaut le camps, éliminent les guérilleros dans un torrent d’explosions et libèrent une femme otage guatémaltèque nommée Anna (Elpidia Carillo).
Alors que Dutch découvre que Dillon les a manipulé pour éliminer un foyer de révolte que voulait atteindre la CIA, l’équipe se sent observée et suivie par une étrange présence.
En raison de l'acuité de ses sens, Billy est le plus sensible à cette présence qui suit les commandos en silence alors qu’il prennent le chemin du retour.
C’est alors qu’on comprend que « Predator » va être un film réellement différent d’un film d’action basique.
Dans une jungle dense et humide s’instaure un effet un climat de sourde angoisse qui croit graduellement jusqu’à la première attaque d’une violence aussi brutale qu’inexpliquée.
Les hommes disparaissent alors un par un, fauchés par une mystérieuse chose invisible se camouflant dans la foret.
Alors les militaires surentraînés réagissent d’instinct et ripostent brutalement à l’aide de tout l’arsenal dont ils disposent.
Mais malgré la pose de pièges mortels et la destruction d’une bonne partie de végétation par l’incroyable puissance de feu de leurs armes, ils n’obtiennent aucun résultat et commencent à perdre les pédales.
Mac et Dillon sont pris à leur propre piége et éliminés, tandis que Billy préfère mourir en guerrier en affrontant le tueur pied à pied.
Dutch finit par se retrouver seul avec Anna et découvre enfin le véritable visage de leur prédateur, un gigantesque extra terrestre humanoïde (Kevin Peter Hall et ses 2,20m).
Doté d’une armure, d’un casque et de dreadlocks, le Predator dispose d’une technologie futuriste qui lui permet de devenir invisible et de repérer ses proies à leur sons et leur chaleur.
Son arsenal offensif composé d’un canon laser à guidage thermique, de harpons et crochets paraît illimité.
Livré à lui même, Dutch se voit contraint de retourner à l’état sauvage pour survivre.
Il se macule de boue pour tromper les capteurs du monstre, construit des piéges et des armes quasi préhistoriques et affronte le Predator dans un univers apocalyptique de feu, de pierres, de boue et d’arbres enchevétrés.
Ayant finalement triomphé après un surprenant duel singulier provoqué par la bête comme pour rendre à son courage, Dutch voit le Predator préférer activer une bombe thermo nucléaire plutôt que de se rendre à son ennemi.
Seul survivant de ce cauchemar avec Anna, Dutch est finalement rapatrié par hélicoptère.
En conclusion, « Predator » est un pour moi un véritable chef d’œuvre mélangeant à la perfection action, aventure exotique, science-fiction et horreur pure.
On est en effet tout de suite captivé par l’atmosphère oppressante de cette jungle étouffante et ensuite ravi de voir ces militaires bourrins gavés de certitudes et de testostérone perdre les pédales devant une menace surnaturelle qui les dépasse complètement.
Dans ce film, les rôles sont inversés, les tueurs deviennent à leur tour victimes et sont impitoyablement éliminés.
On devine à peine les motivations du Predator, à savoir une sorte de safari terrestre ou l’être humain est chassé comme un gibier et le squelette conservé comme un trophée.
Plus intelligent et humble que les autres, Dutch accepte d’oublier les méthodes de combat conventionnelles, de s’adapter à la nouvelle menace en retournant à l’état animal et en faisant corps avec la jungle pour combattre plus efficacement.
A la fois effrayant et fascinant, « Predator » présente donc un suspens montant graduellement avant de finir en traque haletante ou la raison se trouve balayée par les instincts de survie les plus primitifs.
Si à ces qualités vous ajoutez des dialogues ultra bourrins, des répliques souvent drôles ou percutantes (« Toi t’a pas une gueule de porte bonheur » quand le monstre découvre son horrible face de crabe) assénées par des acteurs charismatiques aux physiques surdimensionnés, vous obtenez le cocktail du parfait film dépaysant, inspirant et exaltant.
Pour toutes ces raisons « Predator » est l’un de mes films préférés et le meilleur pour moi de Schwarzenegger, loin devant les pourtant très estimables « Terminator », « Conan le barbare » et autres « Total Recall ».
Culte on vous dit …

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