Bug-Jargal (Victor Hugo)

Place à maintenant à la littérature classique française avec « Bug-Jargal » premier ouvrage de Victor Hugo publié excusez du peu à l’âge de 16 ans.

« Bug-Jargal » est un roman d’aventures se déroulant dans le cadre exotique de l’ile de Saint Domingue en 1791 ou les courants abolitionnistes commence à prendre de l’ampleur et ou les révoltes des esclaves noirs ou mulâtres surgissent.

Un capitaine nommé Léopold D’auverney raconte l’histoire de sa vie à une assemblée de militaires dont son fidèle sergent Thadée qui lui a retrouvé Rask, un gros chien qui lui rappelle des souvenirs.

L’histoire de D’auverney est celle d’un jeune militaire métropolitain envoyé en garnison à Saint Domingue auprès de son oncle propriétaire terrien possédant huit cent esclaves qu’il fait durement trimer pour faire prospérer son affaire de plantation de canne à sucre.

Sur place, D’auverney fait la connaissance de Marie, qu’il définit comme sa promise.

Mais Marie est également convoitée par un autre homme mystérieux qui lui chante la nuit de belles chansons mélancoliques en espagnol tout en l’accompagnant à la guitare.

Fou de jalousie, D’auverney intervient mais se fait rosser par l’inconnu de constitution particulièrement robuste.

Il mène ensuite son enquête pour découvrir l’identité du soupirant et finit par comprendre qu’il s’agit d’un esclave fier et athlétique nommé Pierrot appartenant à son oncle.

Mais Pierrot intervient pour sauver Marie agressée par un crocodile et sauve la vie à la jeune femme.

Reconnaissant malgré sa jalousie dévorante, D’auverney se sent redevable de cet esclave au comportement étrange qui semble avoir un ascendant quasi divin sur ses semblables.

Il intervient quand Pierrot, victime de sa fierté excessive, se rebelle contre son oncle et lève la main sur lui, sacrilège punissable de la peine capitale.

D’auverney se rend dans la cellule du malheureux esclave  et s’entretient longuement avec cet homme qui a trouvé le moyen de faire venir son chien Rask dans sa geôle.

Il apprend que son rival est en réalité le roi du Kakongo, un monarque de droit divin, commandant tous les noirs d’origine africaine.

Se sachant condamné, Pierrot accepte son destin par orgueil alors qu’il pourrait en raison de sa force colossale aisément s’évader.

D’auverney tient bon, parvient à adoucir son oncle et à épargner Pierrot qui entre temps c’est malgré tout échappé.

Les évènements se précipitent alors avec une terrible révolte des esclaves embrasant tout l’ile.

L’insurrection mené par des leaders noirs comme Boukmann et Biassou ayant pris les armes, est terriblement sanglante et abouti aux massacres des colons, comme l’oncle de D’auverney.

Mort d’inquiétude, D’auverney comprend que Marie a été enlevé par Pierrot qu’il estime donc avoir trahi son amitié.

Ivre de vengeance, il se lance alors dans une contre attaque imprudente et est capturé avec d’autres soldats blancs par les hommes de Biassou qui lui avaient tendu une embuscade habile dans une vallée encaissée.

Réduit à la captivité, D’auverney comprend le pouvoir de la superstition dans la culture africaine en subissant le pouvoir des griottes et des obi, sorciers-charlatans aux pouvoirs divinatoires ayant une véritable influence sur les chefs militaires.

L’un de ses obis, un petit homme masqué se montre particulièrement en vue auprès de Biassou, génie politique et militaire adeptes de cruelles tortures envers ses prisonniers.

Resté fier malgré sa fin inéluctable, D’auverney est par miracle secouru par Pierrot en réalité le chef de guerre Burg-Jargal qui use de son immense prestige dans le monde africain pour tenter de négocier sa liberté à Biassou.

Soumis à plus forte autorité que la sienne, le rusé Biassou fait mine de plier mais force D’auverney à donner sa parole d’honneur pour revenir à lui deux jours après car il a en réalité besoin de ses talents de scribe pour l’aider à rédiger une missive qu’il enverra à l’état français pour reconnaitre la légitimité de son pouvoir.

D’auverney accepte, suit Bug-Jargal qui lui a promis de l’aider à revoir Marie qu’il a mise en sécurité dans une grotte mais a en réalité pour but de le tuer pour étancher sa jalousie.

Mais sur place, il se montre incapable de faire du mal à un homme aussi noble que Bug-Jargal et renonce à son projet.

Tenu par sa parole d’honneur, il n’écoute ni Marie ni Bug-Jargal qui cherchent à le dissuader de retourner voir Biassou.

Face au chef des rebelles, D’auverney refuse de l’aide pour sa missive et accepte sans sourciller d’être exécuté au grand dépit de Biassou.

Il est alors conduit dans une grotte ou se trouve un gouffre vertigineux et découvre que l’obi chargé de l’exécuter est en réalité Habibrah, le nain métisse qui faisait office de bouffon à son oncle et qui désire lui faire payer cher ses années d’humiliation.

Une fois encore Bu-Jargal surgit pour aider son ami en fâcheuse posture et après une lutte acharnée, le haineux Habibrah tombe à sa place dans le gouffre mortel.

Puis les choses tournent et le héros Bug-Jargal est malencontreusement tué par Thadée qui l’avait cru par erreur responsable de la mort de son capitaine.

D’auverney conclut donc de manière émue son histoire en se remémorant la belle et puissante histoire d’amitié qu’il a vécu avec un esclave devenu son frère.

En guise d’épilogue, l’auteur conclut en annonçant la mort héroïque du capitaine avec Thadée et Rask sur un champs de bataille après qu’il ait finalement perdu les êtres les plus chers de sa vie dont Marie tuée par un incendie.

En conclusion, pour une œuvre de jeunesse, « Bug-Jargal » est déjà impressionnant de maturité artistique.

Alors adolescent, Hugo prouve qu’il sait passionner le lecteur en racontant une belle histoire d’aventures exotiques combinant drame du triangle amoureux et toile de fond historique.

Très progressiste pour son époque avec son antiracisme marqué, « Bug-Jargal » est un livre réellement étonnant prenant parti pour la révolte des esclaves noirs, présentés par l’intermédiaire du monarque déchu plein de noblesse comme des êtres humains pouvant être égaux voir supérieurs en terme de grandeur d’âme aux héros blancs.

Un roman vivant, coloré, riche en rebondissements qui fera passer un bon moment au lecteur avide d’action.

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