L'amour dure trois ans (Frédéric Beigbeder)

Paru en 1997, « L’amour dure trois ans » est une œuvre de jeunesse de Frédéric Beigbeder.

L’écrivain qui n’a pas encore connu la consécration avec « 99 francs » y raconte en effet ses déboires amoureux avec comme thèse principale le fait que biologiquement deux êtres humains ne peuvent s’aimer plus de trois ans.

L’élément déclencheur de l’écriture de ce livre est son divorce avec sa femme Anne, épousée selon lui bien trop tôt aux alentours de vingt ans.

Après son divorce,  âgé de trente ans, Beigbeder se retrouve donc seul, sans enfant et a aimer Alice, une femme mariée qui le fuit.

Cette fois ci le tourbillon fou des soirées nocturnes, mondaines, de la drogue et de l’alcool ne parviendront pas à enrayer le mal sournois qui le gagne.

Le réveil est plutôt brutal, acide et le ton du roman très amère et pessimiste.

Beigbeder passe en effet la majorité son temps à s’apitoyer sur lui-même et à s’auto-flageller.

Le coté délirant et humoristique de ses plus belles réussites (comme « Nouvelles sous ecstasy » ) est atrophié au profit d’états d’âmes dépressifs d’enfant gâté ne croyant plus en rien.

Pourtant à travers ce torrent de pessimisme, Beigbeder parvient parfois à s’auto-analyser de manière lucide, en mettant en avant son caractère insatisfait, passionné et instable, son gout pour la nouveauté, sa répulsion de la routine et de l’ennui.

Dans cet exercice l’homme devient touchant et finit par entrevoir un espoir suffisamment fort pour lui faire croire à nouveau en un amour durable au delà de barrière fatidique des trois ans.

En conclusion, « L’amour dure trois ans » est le livre idéal pour les gens venant de se faire larguer après une histoire d’amour douloureuse.

Ils pourront y trouver un écho réconfortant et des théories orientées leur permettant de se sentir moins seul et d’adoucir quelque peu leur propre douleur.

Personnage haut en couleurs perpétuellement angoissé et insatisfait, Beigbeder est excessif non seulement dans ses moments forts mais également dans ses périodes de doutes qui le plongent dans un abime de dépression.

Si l’amour est vraisemblablement une utopie, cette invention reste néanmoins l’un des seuls remèdes pour nous accrocher à notre vaine existence terrestre.

Le conserver dans un état de stabilité tient pour moi essentiellement à la personnalité des amants et non à une prétendue limite biologique.

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