Le chemin des écoliers (Marcel Aymé)

Compte tenu de la qualité des écrits de Marcel Aymé, j’ai éprouvé un vif besoin de continuer à poursuivre la découverte de son œuvre avec « Le chemin des écoliers ».

Publié en 1946, « Le chemin des écoliers » est une histoire typique du Paris de l’occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, ou une famille les Michaud va vivre une aventure hors du commun.

Le père un intellectuel raté  se voulant humaniste et donc anti fasciste, travaille dans une cabinet de gérance immobilière et a beaucoup de mal à s’habituer aux trafics de son associé Lolivier qui profite des pénuries pour détourner de l’argent et exploiter les occupants des immeubles.

Michaud et Lolivier s’affrontent donc souvent sur des questions idéologiques, le premier réprouvant les méthodes dures et cyniques du second notamment.

Mais les véritables problèmes vont venir des progénitures des deux hommes.

Le jeune Antoine Michaud tout d’abord va entrer dans le marché noir aux cotés de son ami Paul Tiercelin élève brillant beaucoup plus mature que ses dix sept ans laisseraient à  penser.

Puis Antoine va mentir à son père pour vivre une histoire d’amour passionnée avec Yvette une femme mariée plus âgée dont le mari est détenu prisonnier en Allemagne.

Après avoir dit à son père qu’il partait en vacance avec Tiercelin en Normandie, Antoine va en réalité mener une vie de couple avec Yvette au grand désespoir de son ami qui trouve que cette liaison le détourne de ses études.

Inquiet de la chute des résultats scolaires de son fils, Michaud finira par avoir des soupçons et à découvrir le pot aux roses en surprenant les deux tourtereaux chez Tiercelin père, patron de brasserie.

Mais pris lui-même dans une affaire d’adultère, Michaud va voir son autorité mise à mal sous les yeux de son propre fils.

Pire encore, Tiercelin lui remettra à son insu une forte somme d’argent dévolue à son fils en raison d’une ultime et juteuse transaction de marché noir.

Malgré des pudeurs de vierge effarouchée, Michaud poussé par sa femme finir par accepter l’argent et à vivre de manière très bourgeoise une fois la guerre achevée.

Même les relations avec Lolivier finiront par s’assainir une fois que ce dernier apprendra que son fils est en réalité un tueur psychopathe.

Emu par la détresse du père, Michaud apportera finalement tout son soutien à son associé et les deux hommes finiront leur vie dans l’opulence tandis qu’Antoine reviendra dans le droit chemin une fois que la volage Yvette l’eut oublié.

En conclusion, « Le chemin des écoliers » a eu bien du mal à me passionner.

L’histoire est assez banale et montre surtout les errements hypocrites d’un homme se voyant mieux qu’il ne l’est réellement.

Poussés par les conditions certes extrêmes de la guerre, les beaux principes de Michaud ne tardent pas à se fissurer et l’homme se révèle tel qu’en lui-même, lâche, coureur, menteur, fier et intéressé.

La grande leçon du livre est donc que l’individualisme de l’être humain finit toujours par l’emporter et que même en temps de guerre, les petites préoccupations du quotidien avec leur coté banal, minable et parfois sordide, finissent toujours par l’emporter sur les beaux et nobles idéaux trop détachés du réel.

Mis à part cette analyse d’une lucidité terrible, « Le chemin des écoliers » ne contient pas une intrigue assez intense, émouvante et soutenue pour tenir en haleine le lecteur.

Détail orignal mais troublant, les notes de bas de pages, fictives, qui retracent les destins souvent tragiques de personnages croisés au hasard des déambulations des héros.

Malgré ces quelques qualités, il me parait néanmoins déraisonnable de considérer « Le chemin des écoliers » comme un livre majeur de Marcel Aymé.

Commentaires