Le convoyeur (Nicolas Boukhrief)

Sorti en 2004, « Le convoyeur » est un petit film français de Nicolas Boukhrief.
Très originale, l’histoire se déroule dans le milieu fermé des convoyeurs de fond, ces hommes qui pour un salaire de smicards prennent le risque de s’exposer à des attaques armées pour protéger les quelques centaines de milliers d’euros qu’ils transportent.
Alexandre Demarre (Albert Dupontel) est un convoyeur fraichement embauché au sein de la société Vigilante, qui a connu une série noire de plusieurs attaques contre ses fourgons avec à la clé mort d’hommes.
Même si à la veille d’un rachat par un concurrent américain, l’ambiance n’est pas au beau fixe, Alexandre s’intègre sans difficulté dans ce monde étrange au fil des rondes, en côtoyant Jacques (Jean Dujardin), Bernard (François Berléand) ex militaire porté sur les armes, Momie (Philippe Laudenbach), Butagaz (Gilles Gaston Dreyfus) le syndicaliste de l’équipe, le jeune Belette (Julien Boisselier) et Nicole (Claude Perron) seule femme dans ce milieu hyper masculin.
Il découvre les trajets dans des banlieues glauques ou les agressions sont monnaies courantes pour alimenter des petits commerces et les divers trafics réalisés pour arrondir les fins de mois pratiqués par Belette en vendant du hasicsh à des collégiens.
Alexandre joue le jeu, participe aux paris idiots, aux séances de tirs et tire même occasionnellement sur son joint pour faire baisser sa nervosité.
Ses collègues ignore qu’il est infiltré pour découvrir qui est le traitre au sein de la société.
Vivant reclus dans une chambre d’hôtel, Alexandre ment à son épouse, enquête mais ses motivations restent obscures, on devine une tragédie familiale lors d’un braquage de fourgon durant laquelle son fils aurait été tué par accident.
Sa seule compagnie est la femme de chambre de l’hôtel, Isabelle (Aure Atika) avec qui un semblant de relation même si la curiosité dévore la jeune femme devant le comportement mystérieux de son client.
Lors d’un braquage dans une zone de banlieue, Bernard pousse le trio à prendre des risques, se découvrant pour ouvrir le feu sur les assaillants des gosses de cités mal préparés.
Un carnage opère durant lequel, Alexandre touché au thorax mais protégé par son gilet pare balles, tue un adolescent et Dolph (Olivier Loustau), l’athlète de l’équipe est abattu.
Le choc psychologique est terrible pour Alexandre qui pense un instant à quitter la Vigilante avant que le chef du personnel ne le convainc de rester moyennant de conserver sa place lors du rachat par les américains.
L’homme reste et devient alors très respecté tandis que Bernard est rétrogradé en raison de ses pulsions violentes.
Baissant sa garde, Alexandre se fait surprendre par Bernard qui était le traitre de la Viligante, renseignant des braqueurs organisés militairement pour prendre d’assaut le dépôt.
Karim (Sami Zitouni) une jeune recrue est tué lors de l’attaque tandis qu’Alexandre est frappé puis ligoté.
Bernard, tenté par l’appât du gain, fait entrer le commando dans le dépôt tout en tenant en respect Alexandre assis à ses cotés.
Avec l’effet de surprise, les armes automatiques et des grenades aveuglantes, les braqueurs prennent rapidement le dessus sur les convoyeurs qui sont presque tous tués sans avoir le temps de toucher ou riposter face à leurs agresseurs.
Seule Nicole échappe au massacre et parvient à tuer l’un d’eux à coups de banc dans le vestiaire.
Face au danger, Alexandre met la pression à Bernard en plaquant le canon de son pistolet sur son front.
Incapable de le tuer, Bernard perd ses moyens et est assommé à coups de crosse.
Alexandre bascule sous le fourgon et fait feux, tuant par surprise deux membres du commando.
Il progresse dans les locaux, tuant encore un homme après un corps à corps haletant en lui plaquant une grenade dans le dos.
Blessé, choqué et épuisé, il s’affale, repoussant une ultime proposition de Bernard pour fuir ensemble avec l’argent, prend une vieille décapotable d’un des employés pour se rendre sur la route ou son fils a trouvé la mort et se laisser glisser, apaisé vers une mort sereine en pleine foret.
En conclusion, « Le convoyeur » est un film âpre et intense servi par une atmosphère réaliste épurée à l’extrême et par des acteurs excellents.
Mâchoire carrée, cheveux rasés et corps d’athlète, Albert Dupontel domine de la tête et des épaules se rôle difficile et complexe narrant l’envers d’un milieu assez peu représenté à l’écran, celui d’hommes côtoyant un mélange de routine et de risques dans une ambiance difficile.
Le coté mystérieux et suggéré de cette quête de père de famille fascine et confère au film l’originalité nécessaire lui permettant de sortir des scénarios trop prévisibles.
Le meilleur film avec Albert Dupontel ? Peut être bien …

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