Le ventre de l'Atlantique (Fatou Diome)
Passage dans la littérature étrangère avec « Le ventre de l’Atlantique » de l’écrivain franco sénégalaise Fatou Diome.
Publié en 2003, ce court roman majoritairement autobiographique raconte les aventures de Sallie une jeune sénégalaise exilée à Strasbourg après un mariage ratée avec un Français.
Originaire de Niodor, une petite ile pauvre du Sénégal ne vivant que de la pêche, Sallie a toujours été en marge, fille illégitime sans père et désireuse d’apprendre très tôt le français auprès de son professeur Ndétare qui lui a fait découvrir les grands auteurs français et donné le gout des lettres.
Vivant en France relativement confortablement, Sallie a gardé des racines à Niodor et notamment son demi frère Madické, fou de football et en particulier du footballeur italien Paolo Maldini qui symbolise pour lui la réussite éclatante en Europe.
A ses yeux, Madické représente bien la fascination aveugle d’une jeunesse sénégalaise prête à prendre tous les risques pour rejoindre l’eldorado français ou européen.
Les grandes compétitions de football de 2000-2002, coupe d’Europe et coupe du monde seront donc un des puissants fils conducteurs guidant le cheminement du récit.
L’essentiel du roman consiste à faire lucidement la part des choses en Occident et Afrique, à essayer d’ouvrir les yeux aux candidats à l’émigration devant la dureté de la vie en France lorsqu’on est étranger, noir, sans diplôme et sans papier.
Mais les conditions de misère et les risques encourus sont bien souvent considérés comme acceptables dans l’espoir de revenir au pays enrichi et auréolé d’un prestige qu’on s’invente comme le fait l’homme de Barbés qui s’invente un personnage pour jouir d’une certaine aura à son retour au village.
Et même les footballeurs prometteurs peuvent aussi connaitre de terribles désillusions comme Moussa qui échoua en France, revint au pays misérable et finit par se suicider de honte.
Mais Diome ne parle pas que d’émigration et de relations franco-sénégalaises, elle décrit aussi la vie à Niodor avec le poids écrasant des traditions, des clans, des mariages arrangés, de la polygamie et du destin abrutissant des femmes uniquement valorisées dans leur rôle de reproductrices et de maitresse de maison.
Le rôle des marabouts abusant de la crédulité des gens est également évoqué dans un épisode d’agression sexuelle particulièrement traumatisant.
En conclusion, « Le ventre de l’Atlantique » est un roman au style plaisant, riche, amusant et parfois mordant qui le rend agréable à la lecture.
Diome exprime avec subtilité son écartèlement, de son incapacité à retourner vivre en Afrique malgré quelques inévitables moments de nostalgie à la découverte de la froide solitude et de l’individualisme européen.
On comprend mieux le sentiment de culpabilité que peut ressentir l’émigré sénégalais, avec ce devoir de réussir, d’envoyer de l’argent ou de rapporter des cadeaux pour ceux moins chanceux ou moins aventureux restés au pays.
Il permet également de comprendre le fonctionnement d’une société traditionnelle sénégalaise, avec tout le dénuement matériel et fossé culturel qui la sépare de l’Europe, ce fossé se ressentant surtout dans le rôle des femmes considérablement moins émancipées.
On ressort de sa lecture un peu plus informé sans pour autant être ébranlé dans sa vision du monde ou ses certitudes.
Publié en 2003, ce court roman majoritairement autobiographique raconte les aventures de Sallie une jeune sénégalaise exilée à Strasbourg après un mariage ratée avec un Français.
Originaire de Niodor, une petite ile pauvre du Sénégal ne vivant que de la pêche, Sallie a toujours été en marge, fille illégitime sans père et désireuse d’apprendre très tôt le français auprès de son professeur Ndétare qui lui a fait découvrir les grands auteurs français et donné le gout des lettres.
Vivant en France relativement confortablement, Sallie a gardé des racines à Niodor et notamment son demi frère Madické, fou de football et en particulier du footballeur italien Paolo Maldini qui symbolise pour lui la réussite éclatante en Europe.
A ses yeux, Madické représente bien la fascination aveugle d’une jeunesse sénégalaise prête à prendre tous les risques pour rejoindre l’eldorado français ou européen.
Les grandes compétitions de football de 2000-2002, coupe d’Europe et coupe du monde seront donc un des puissants fils conducteurs guidant le cheminement du récit.
L’essentiel du roman consiste à faire lucidement la part des choses en Occident et Afrique, à essayer d’ouvrir les yeux aux candidats à l’émigration devant la dureté de la vie en France lorsqu’on est étranger, noir, sans diplôme et sans papier.
Mais les conditions de misère et les risques encourus sont bien souvent considérés comme acceptables dans l’espoir de revenir au pays enrichi et auréolé d’un prestige qu’on s’invente comme le fait l’homme de Barbés qui s’invente un personnage pour jouir d’une certaine aura à son retour au village.
Et même les footballeurs prometteurs peuvent aussi connaitre de terribles désillusions comme Moussa qui échoua en France, revint au pays misérable et finit par se suicider de honte.
Mais Diome ne parle pas que d’émigration et de relations franco-sénégalaises, elle décrit aussi la vie à Niodor avec le poids écrasant des traditions, des clans, des mariages arrangés, de la polygamie et du destin abrutissant des femmes uniquement valorisées dans leur rôle de reproductrices et de maitresse de maison.
Le rôle des marabouts abusant de la crédulité des gens est également évoqué dans un épisode d’agression sexuelle particulièrement traumatisant.
En conclusion, « Le ventre de l’Atlantique » est un roman au style plaisant, riche, amusant et parfois mordant qui le rend agréable à la lecture.
Diome exprime avec subtilité son écartèlement, de son incapacité à retourner vivre en Afrique malgré quelques inévitables moments de nostalgie à la découverte de la froide solitude et de l’individualisme européen.
On comprend mieux le sentiment de culpabilité que peut ressentir l’émigré sénégalais, avec ce devoir de réussir, d’envoyer de l’argent ou de rapporter des cadeaux pour ceux moins chanceux ou moins aventureux restés au pays.
Il permet également de comprendre le fonctionnement d’une société traditionnelle sénégalaise, avec tout le dénuement matériel et fossé culturel qui la sépare de l’Europe, ce fossé se ressentant surtout dans le rôle des femmes considérablement moins émancipées.
On ressort de sa lecture un peu plus informé sans pour autant être ébranlé dans sa vision du monde ou ses certitudes.


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