Minuit, Montmartre (Julien Delmaire)
Sorti en 2017, « Minuit, Montmartre » est le troisième roman de Julien Delmaire, plus habitué d’ordinaire à officier dans le registre de la poésie.Ce court roman prend place au début du XXième siècle à Paris, dans lequel Masseida, une jeune et belle Africaine errant désespérée dans les rues de Montmartre, finit par se faire guider par un chat appelé Vaillant trouver refuge chez le peintre Théophile Alexandre Steinlen, alors, veuf vieilli et criblé de dette qui vit en ermite entouré des ses chat dans son atelier.
Le premiers temps sont durs, tant il est vrai que Masseida une première fois refoulée par le peintre a été hébergée un temps chez un sculpteur après avoir été séduite par un beau modèle antillais appelé Pampelune.
Mais Pampelune, s’il est excellent amant, n’en est pas moins volage et peu fiable, et disparait finalement, la laissant seule aux prise avec la rue et ses dangers, dont le redoutable Fernand, violent maquereau qui la convoite.
Touchée par la détresse de Masseida menacée par Fernand, Steinlen la prend sous sa protection et se met à délaisser ses sujets habituels que sont le chats pour peindre la jeune beauté.
Ils deviendront fugacement amants, oubliant les convenances différences d’âge et de race…
La Première guerre mondiale surgit ensuite, bouleversant la vie du quartier, Steinlen étant résolument du coté des pacifistes-libertaires avec certaine sympathies anarchistes.
Masseida retrouve la trace de Pampelune en réalité un gigolo pour hommes ayant fait une exception pour elle et découvre qu’il rêve de s’engager avec les tirailleurs sénégalais qui défilent sur le Champs de Mars.
Devenu tueur, Fernand essaie d’éliminer Masseida qui n’a la vie sauve que grâce à l’intervention de Vaillant, véritable ange gardien de ses nuits.
Au final, pourchassé par ses créanciers et par les promoteurs ayant des vues sur son atelier, Steinlen mourra finalement après avoir tout légué à sa chère Masseida…
En conclusion, « Minuit, Montmartr e» et une œuvre certes mineure mais qui surfe habilement sur le fantasme d’un lieu, d’une époque, le Montmartre de la Belle-Epoque avec se artistes mais aussi sa misère composée d’ouvriers, petits-artisans, voyous, maquereaux et prostituées se retrouvant dans les cabarets et les bars à absinthe.
Delmaire s’amuse à faire apparaitre fugacement certain de ses personnages mais décrit surtout une histoire d’amour hors normes, permettant à un vieil artiste déclinant de vivre de dernières belles années avec une « immigrée » à la couleur de peau alors franchement dérangeante…
Romantique, suranné et donc au final charmant, « Minuit, Montmartre » plaira aux âmes naïves, aux amoureux de Paris ou aux amoureux tout court !

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