Trois femmes puissantes (Marie Ndiaye)
Très médiatique prix Gouncourt 2009, « Trois femmes puissantes » de Marie Ndiaye fait parti de ce que j’appelle la littérature grand public.« Trois femmes puissantes » raconte trois histoires indépendantes de femmes africaines, Norah, Fanta et Khady.
Dans la première d’entre elle, Norah, métisse française de père sénégalais, retourne voir son père en Afrique et découvre un homme vieilli, diminué physiquement.
Norah appréhende cette rencontre avec un homme fier, dur, volontiers blessant avec elle et à la vie privée tumultueuse après son remariage.
Le récit suit le déchirement de la jeune femme envahie de sentiments contradictoires, entre compassion, revanche et frustration autour d’une vie personnelle qui lui échappe.
Mais le choc majeur de ces retrouvailles est la découverte du destin de son frère Sony, incarcéré pour le meurtre de sa belle mère avec qui il entretenait une liaison amoureuse.
Norah rend visite à Sony à la prison et découvre un jeune homme amaigri, cassé par la vie carcérale, qui lui révèle qu’il est allé en prison à la place de son père, trop âgé.
La jeune femme quitte la prison en se promettant de s’occuper de son frère.
La seconde histoire met en scène un homme nommé Rudy Descas, qui a plus de quarante ans est empêtré dans de gros problèmes personnels.
Ancien enseignant français vivant avec une africaine nommé Fanta dont il a un fils appelé Djibril, Rudy a un passé lourd puisque son père a tué son associé en Afrique et s’est ensuite suicidé.
Poursuivi par ce drame, il a un jour frappé des élèves qui lui rappelait cette histoire ce qui a conduit à sa radiation de l’enseignement.
Depuis, l’homme erre, entre une relation problématique avec Fanta et un travail alimentaire de vendeur de cuisine pour un dénommé Manille, ancien ami d’enfance devenu son patron.
Taraudé par un sentiment d’échec, Rudy jalouse son patron, est habité de pulsions violentes lui donnant des envies de meurtres et se sent poursuivi par un rapace le jugeant impitoyablement.
Finalement Rudy jugule ses pensées de meurtre, essaie de renouer avec son fils Djibril et tue l’oiseau de malheur, ce qui semble donner plus d’espoir à sa vie.
La dernier récit, sans nul doute le plus intense est celui de Khady, jeune sénégalaise incapable de tomber enceinte qui a de plus la malchance de voir son mari décéder prématurément.
Dés lors, pauvre et seule, elle se retrouve hébergée temporairement chez la belle famille puis contrainte à partir pour l’Europe.
Le voyage est horriblement éprouvant et la jeune femme renonce à s’embarquer dans les bateaux de fortunes surchargés tentant de traverser l’océan.
Blessée au mollet et rejetée sur une plage, Khady rencontre un jeune appelé Lamine avec qui elle va vivre mille aventures la conduisant dans un désert aride puis dans une ville perdue ou elle sera obligée de se prostituer pour se survivre.
Après avoir été séparé de Lamine, Khady vivra dans un campement de fortune de sénégalais déterminés à franchir un haut mur de barbelé pour passer la frontière menant vers l’Europe.
Elle sera tuée au cours d’un tentative de passage et son esprit viendra hanter l’âme de Lamine seul survivant de cette folle équipée.
En conclusion, « Trois femmes puissantes » ne m’a pas emballé outre mesure.
Les deux premières histoires racontent les tournments intérieurs de personnages poursuivis par leur passé.
Le rythme est lent, le style peu percutant et l’intrigue assez pauvre.
La dernière histoire est plus haletante, plus dramatique aussi et contient une fin particulièrement marquante.
Mis à part donc dans la dernière partie du récit, je n’ai pas trouvé la puissance tant escomptée du destin des ses femmes, la seconde d’entre elle Fanta, obtenant même un rôle particulièrement secondaire dans l’intrigue.
A l’instar des écrivains « à prix » contemporains, comme Le Clézio ou dans une moindre mesure Beigbeder, Marie Ndiaye ne m’a donc pas charmé.

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